Comment West Ham United s’est effondré depuis son sacre en Ligue Conférence en 2023 ?

C’est un club historique de la Premier League qui va évoluer en Championship la saison prochaine. Après quatorze années consécutives dans l’élite anglaise, West Ham a fini cet exercice 2025-2026 à une piteuse 18e place, synonyme de relégation. Un terrible échec, alors que les Hammers avaient remporté la Ligue Conférence en 2023. Mais comment l’expliquer ?

Jarrod Bowen après une défaite de West Ham en Premier League
Jarrod Bowen n’a pu éviter la relégation de West Ham United en Championship.

Le miracle n’aura pas eu lieu. Au terme de la dernière journée de cet exercice 2025-2026, West Ham United a bel et bien été relégué de la Premier League. L’ultime victoire des Hammers contre Leeds United (3-0) n’aura pas suffi à les sauver, malgré leurs 39 points engrangés. C’est d’ailleurs le total de points le plus élevé pour un relégué de l’élite anglaise depuis les descentes de Birmingham City et de Blackpool, respectivement 18e et 19e en 2010-2011 (avec 39 points chacun). Mais cette 18e place finale n’a rien d’étonnant pour West Ham. Le club de l’est londonien n’a passé que six week-ends en dehors de la zone rouge sur l’ensemble de cette saison. Une dynamique insuffisante, à l’issue presque inévitable, et qui met un terme à une série de quatorze campagnes consécutives en Premier League pour le club. Un record dans son histoire moderne.

Une envie de capitaliser sur ce succès européen

Pourtant, en 2023, tout semblait aller pour le mieux pour West Ham United. À cette époque, les Irons parvenaient à bouleverser l’ordre établi dans la première partie de tableau en championnat, accrochant de belles 6e et 7e places. Surtout, ils ont remporté un trophée européen : la Ligue Conférence. Un succès de prestige contre la Fiorentina (2-1), qui devait permettre aux pensionnaires du London Stadium de définitivement passer un cap. En effet, la direction du club souhaitait capitaliser sur cette victoire pour se montrer ambitieuse et regarder vers le haut, notamment en Premier League. Pour cela, le départ du talentueux Declan Rice devait en partie aider. Si sportivement, son transfert à Arsenal représentait une énorme perte pour les Hammers, l’indemnité récupérée (116,6 millions d’euros) devait leur offrir les fonds suffisants pour renforcer l’équipe à différents postes. Mais il n’en a rien été, puisque l’argent a été mal investi et le départ de Declan Rice n’a jamais été compensé.

Un retour sur investissement très faible

Au cumul de ces trois dernières années, West Ham a dépensé la bagatelle de 489,05 millions d’euros sur le marché des transferts. Pour combien de réussites ? Trop peu. Seuls Mohammed Kudus, Mateus Fernandes, El Hadji Malick Diouf et Konstantinos Mavropanos peuvent être considérés comme de vraies bonnes recrues. Au-delà de ces quatre joueurs, les onéreuses erreurs de casting ont été nombreuses. Pêle-mêle : Maximilian Kilman, Jean-Clair Todibo, Niclas Füllkrug, Luis Guilherme, Edson Alvarez, James Ward-Prowse, etc. Autant d’éléments qui n’ont pas réussi à se montrer sous leur meilleur visage et qui n’ont pas compensé les départs des cadres de l’effectif ces dernières années. De quoi abaisser le niveau de l’équipe. Cette perte de puissance se constate notamment offensivement. En 2023, le club pouvait compter sur les qualités de Jarrod Bowen, Lucas Paqueta, Saïd Benrahma, Manuel Lanzini, Michail Antonio ou Pablo Fornals. Aujourd’hui, Jarrod Bowen (9 buts et 11 passes décisives en PL cette saison) n’a plus grand monde pour l’épauler. La preuve, West Ham a conclu l’exercice avec la 16e attaque du championnat (46 réalisations). S’il est une légende du club en tant que joueur, Mark Noble, désormais directeur sportif, apparaît comme l’un des responsables de ces échecs répétés sur le marché.

Maximilian Kilman avec le maillot de West Ham en Premier League
Arrivé contre un chèque de 47,5 millions d’euros de Wolverhampton en 2024, Maximilian Kilman n’a jamais su montrer son meilleur niveau à West Ham.

Fallait-il conserver David Moyes ?

L’autre explication derrière cette chute des Hammers, c’est cette instabilité devenue chronique au poste de manager. En juin 2024, au terme d’une saison bouclée au 9e rang en Premier League et en quart de finale de Ligue Europa, la direction a décidé d’insuffler un vent de fraîcheur en se séparant de David Moyes. L’Écossais, en poste depuis décembre 2019, était pourtant l’un des grands instigateurs de l’ascension de West Ham et de cette stabilité au plus haut niveau. Mais une partie des supporters des Irons réclamaient un football plus offensif et spectaculaire que celui proposé par leur coach. L’état-major du club a donc nommé Julen Lopetegui sur son banc. Un fiasco cuisant. Au bout de six mois, Graham Potter le remplace. Mais l’ex-entraîneur de Brighton & Hove Albion et de Chelsea a affiché toutes les peines du monde à imposer sa patte. Il a été viré en septembre 2025, soit neuf mois après son arrivée. Son remplaçant a été Nuno Espirito Santo, qui n’a pu empêcher la relégation en Championship de cette formation à la dérive. Sans aucun doute, le départ de David Moyes a brisé l’élan bâti par cet effectif. De plus, ces changements perpétuels de managers n’ont jamais permis aux joueurs de s’épanouir sur du long terme.

Une relation toxique entre la direction et les supporters

Enfin, la direction du club est loin d’être exempte de tout reproche. En ligne de mire : David Sullivan, président de West Ham depuis 2010, et son ancienne vice-présidente, Karren Brady, qui a quitté son poste en avril dernier après seize années de service. Car ce sont bien eux deux, épaulés par Daniel Kretinsky depuis 2021 (directeur général), qui ont ficelé toute la stratégie du club. D’autant qu’au fil des années, West Ham a perdu son identité, en quittant par exemple son stade historique, Boleyn Ground, en 2016. Si la capacité d’accueil a augmenté en déménageant au London Stadium, la ferveur s’est évaporée, les prix des places ont grimpé, et surtout, ce nouvel écrin ne semble pas adapté pour un club de football. Un sentiment qui, cumulé à des performances sportives sur le déclin, a entraîné une véritable colère des supporters. Tout au long de la saison, les fans des Hammers ont manifesté pour demander le départ de leurs dirigeants. Une tension maximale qui n’a pas permis d’unir toutes les parties dans cette période délicate.

Carton rouge de la part des supporters de West Ham contre leur direction
Le carton rouge dégainé par les supporters de West Ham contre la direction du club lors du match de Premier League contre Manchester City, le 14 mars 2026.

Est-ce que West Ham peut se relever ?

Mais maintenant que la relégation en Championship est entérinée, le conseil d’administration de West Ham a cherché à faire un pas vers son public. Dans un communiqué publié sur le site officiel du club ce mercredi 27 mai, il écrit : « La relégation n’est évidemment pas le résultat que quiconque à West Ham aurait voulu lorsque la saison a commencé. Cela fait profondément mal et ce sentiment durera pendant un certain temps. Nous comprenons également la frustration que beaucoup d’entre vous ressentent face à la direction que le club a prise ces dernières années. » Mais il érige un objectif incontournable : la remontée immédiate en Premier League. Pour cela, il va falloir reconstruire l’effectif. De nombreux mouvements sont attendus, puisque d’après certaines sources britanniques, les Hammers doivent générer près de 175 millions d’euros via la vente de joueurs cet été. Mais cette opération promotion se fera bien avec Nuno Espirito Santo. Le manager portugais a accepté cette mission, lui qui avait tout de même bien relancé West Ham dans sa périlleuse quête de maintien cette saison. Un brin de stabilité bienvenue pour les Londoniens.

Nuno Espirito Santo donne ses consignes en tant que manager de West Ham lors d'un match de Premier League
Après une seconde partie de saison intéressante, Nuno Espirito Santo a été maintenu à la tête de West Ham pour le prochain exercice en Championship.