Ce mercredi 27 mai, Oliver Glasner a dirigé son dernier match sur le banc de Crystal Palace, à l’occasion de la finale de la Ligue Conférence. Un club qu’il s’apprête à quitter par la grande porte, après avoir remporté la FA Cup, le Community Shield et donc la C4. Mais avec ces trois trophées majeurs soulevés, le coach autrichien a-t-il pour autant permis aux Eagles de changer de statut ?

Le 16 janvier dernier, alors que les rumeurs couraient bon train dans les médias britanniques, Oliver Glasner avait choisi de lâcher la mèche. « Ma décision a déjà été prise il y a plusieurs mois. J’ai rencontré Steve Parish (président de Crystal Palace, ndlr) en octobre, durant la trêve internationale. Nous avons eu une longue discussion et je lui ai dit que je ne signerai pas de nouveau contrat. Je souhaite juste me lancer un nouveau défi », expliquait le manager de Crystal Palace en conférence de presse. Une annonce au timing inattendu, mais qui lui a permis d’officialiser son départ à venir en fin de saison. En effet, l’entraîneur autrichien, en poste depuis le 20 février 2024, voit son bail actuel arriver à échéance le 30 juin prochain. Mais alors, les Eagles ont-ils changé de dimension avec ce mandat de vingt-huit mois d’Oliver Glasner ?
La plus belle période de l’histoire du club
La première chose, c’est qu’Oliver Glasner vient de mener Crystal Palace au plus grand âge d’or de toute son histoire. C’est simple, depuis la création du club en 1861, l’armoire à trophées ne s’était remplie que de sacres en Championship (1979 et 1994) et d’un titre en troisième division (1921). Mais l’ex-coach de l’Eintracht Francfort a ramené en douze mois trois nouveaux trophées à Selhurst Park : la FA Cup (2025), le Community Shield (2025) et même la Ligue Conférence (2026). Des succès acquis sur la scène nationale contre des géants, en l’occurrence Manchester City et Liverpool, et à l’échelle européenne contre le Rayo Vallecano. Vous l’avez compris, ce sont donc les tout premiers triomphes majeurs pour le club londonien et évidemment son premier titre européen. Ça, déjà, c’est un véritable pas en avant.

Des joueurs en grande forme avec Oliver Glasner
Un autre facteur qui illustre le travail réalisé par Oliver Glasner, c’est cette capacité qu’ont eu ses joueurs à progresser. Si Eberechi Eze et Marc Guéhi évoluent aujourd’hui à un tel niveau respectivement à Arsenal et à Manchester City, c’est en grande partie parce que ce tacticien leur a permis de s’épanouir sous le maillot des Eagles. Pareil, Jean-Philippe Mateta a franchi un palier important grâce à l’entraîneur de 51 ans. En 109 matchs disputés sous sa houlette, l’international français cumule 46 buts, dont 39 en Premier League. Avant l’arrivée d’Oliver Glasner, il avait trouvé le chemin des filets à seulement 16 reprises toutes compétitions confondues en plus de deux ans. Et que dire des adaptations réussies de Maxence Lacroix et d’Adam Wharton à la Premier League, de l’émancipation d’Ismaïla Sarr après son passage raté à l’Olympique de Marseille, ou des montées en puissance fulgurantes de Daniel Munoz et de Tyrick Mitchell dans les couloirs. En clair, c’est un effectif entier qui a su s’affirmer sous les ordres de ce coach et qui offre à Crystal Palace un patrimoine d’expérience, une maturité tactique et un socle technique inédit dans l’histoire du club.

Un bilan mitigé en Premier League
Sauf que si l’on isole les performances en Premier League, la donne est différente. Le club du sud de Londres ne s’est pas tout à fait distingué et a plutôt affiché une certaine continuité par rapport aux exercices précédents. La seule exception est peut-être la première campagne d’Oliver Glasner sur le banc de Crystal Palace. Alors qu’il récupère le club pour le dernier tiers de la saison 2023-2024, il parvient à l’emmener à la 10e place du championnat. Il égale au passage le meilleur classement de l’histoire des Eagles dans l’ère Premier League ainsi que leur record de points (49 unités) et bat leur record de buts inscrits sur 38 journées (57 réalisations). Lors de l’exercice suivant, Palace termine au 12e rang, mais améliore son record de points (53 unités), avant de finir 15e en 2025-2026. En fait, depuis son retour dans l’élite anglaise en août 2013, Crystal Palace a toujours achevé ses saisons entre la 10e et la 15e place. Oliver Glasner n’a donc pas bouleversé cette habitude.
Une stabilité relative en championnat
Une dynamique qui ne permet pas forcément de renforcer drastiquement le statut et le pedigree du club. À l’heure où la Premier League gagne encore en compétitivité, Crystal Palace reste une institution de seconde partie de tableau. Autant dire qu’une fâcheuse série de résultats ou un début de campagne raté peuvent vite condamner cette équipe à se battre pour son maintien. La preuve avec West Ham United, relégué cette année en Championship après avoir remporté la Ligue Conférence en 2023. Pareil, des clubs comme Leicester City, Southampton ou Wolverhampton Wanderers ont récemment composté leur ticket pour l’antichambre du football anglais malgré de nombreuses années passées en première division. Méfiance donc pour les Eagles, car plusieurs joueurs devraient être sérieusement convoités sur le marché des transferts cet été, à l’image de Jean-Philippe Mateta, Adam Wharton, Maxence Lacroix ou Daniel Munoz. Attention donc à ne pas perdre sa colonne vertébrale.

Crystal Palace navigue dans le bon sens
Mais au moment de préparer cet exercice 2026-2027, Crystal Palace devrait bien garder une certaine attractivité et être habité par une atmosphère on ne peut plus positive. Tout d’abord parce que la formation de Steve Parish va enchaîner une 14e saison consécutive en Premier League. Mais aussi parce que ce succès en Ligue Conférence lui permet de se qualifier pour la phase de ligue de la prochaine Ligue Europa. Oui, les Eagles seront encore européens au mois de septembre. Un vrai atout pour renforcer l’équipe durant ce mercato estival et remplacer les éventuels partants avec des éléments d’un calibre similaire. De plus, ce sera aussi au futur manager de l’équipe de poursuivre le travail accompli par Oliver Glasner. D’après les dernières rumeurs, c’est Andoni Iraola, en fin de contrat à Bournemouth, qui pourrait prendre la relève. Un manager qui s’est imposé comme une véritable référence tactique en Angleterre. Mais nul doute qu’Oliver Glasner laisse le club londonien dans une situation idéale, clairement engagé dans la bonne direction.