Comment Bournemouth s’est donné un maximum de chances de réussir sa première saison européenne ?

Dans moins d’un mois, Bournemouth va vivre la première rencontre européenne de son histoire. Un destin extraordinaire pour un club qui n’avait jamais évolué en Premier League avant 2015. Mais entre le départ d’Andoni Iraola et des cadres convoités, la direction des Cherries a tout de même dû gérer un certain chantier cet été.

Evanilson et Adrien Truffert Bournemouth
Grâce à sa superbe saison 2025-2026, Bournemouth jouera la Ligue Europa en septembre prochain.

Que l’atmosphère doit être agréable ces jours-ci dans les rues de Bournemouth. Les habitants de cette ville côtière du sud de l’Angleterre se languissent de supporter leur équipe locale, l’AFC Bournemouth, pour ce qui s’annonce comme la plus belle saison de son histoire. Au mois de septembre, les pensionnaires du Vitality Stadium découvriront la coupe d’Europe pour la première fois en 127 ans d’existence. En effet, grâce à leur 6e place acquise lors de la dernière campagne de Premier League, les Cherries ont obtenu une qualification directe pour la prochaine phase de ligue de la Ligue Europa. Un exploit retentissant pour un club qui ne compte que neuf exercices dans l’élite anglaise, dont le premier en 2015. Mais Bournemouth sort de sa meilleure saison jamais réalisée, avec un record de points en Premier League (57 points), un record égalé de buts inscrits (58 unités), son plus faible nombre de défaites concédées (7 revers) et évidemment sa meilleure place jamais atteinte au classement.

Marco Rose devient manager de Bournemouth

Sauf que l’homme à l’origine de ces performances s’en est allé. Après trois années passées en tant que manager de l’équipe, Andoni Iraola a décidé de se lancer un nouveau défi. Il a pris le chemin de Liverpool afin de succéder à Arne Slot. Pour mener à bien ses échéances inédites, la direction de Bournemouth a annoncé dès le 20 avril la nomination de Marco Rose sur son banc, officiellement effective à compter du 1er juillet. L’entraîneur allemand de 49 ans était libre depuis mars 2025, après une aventure de deux ans et demi du côté de Leipzig. Un club avec lequel il a remporté la Coupe d’Allemagne et la Supercoupe d’Allemagne en 2023. Auparavant, il avait pris les manettes du Borussia Dortmund, du Borussia Mönchengladbach et du RB Salzbourg. Notons que Marco Rose dispose aussi d’une solide expérience en tant que coach en Ligue des champions et en Ligue Europa. Bref, un CV bien garni.

« À nous de poursuivre le gros travail qui a été réalisé depuis de longues années. »

Son arrivée a donc suscité un élan d’enthousiasme du côté des fans des Cherries, séduits par le profil et le passif de leur nouveau technicien. Surtout que ce dernier n’a pas cherché à se cacher au moment de dévoiler ses ambitions. « C’est notre défi cette année : jouer en même temps la Premier League et la Ligue Europa. C’est très difficile. C’est pourquoi nous devons être très intelligents, notamment concernant la constitution de l’équipe. Mais c’est une aventure exceptionnelle et une belle opportunité pour nous de nous montrer sur la scène européenne. Nous sommes toujours en plein processus, mais déjà à un très haut niveau. À nous de poursuivre le gros travail qui a été réalisé depuis de longues années », a-t-il confié début juin à l’occasion de son premier entretien avec les médias officiels du club.

Tous les cadres verrouillés

Au-delà de la simple prise de fonction de Marco Rose, différents leviers doivent permettre d’offrir un maximum de chances à l’AFCB de performer lors de cet exercice 2026-2027. Tiago Pinto, directeur général du club, a donc défini une stratégie claire pour mettre son manager dans les meilleures dispositions. Tout d’abord, pas question de toucher à l’ossature de l’effectif. Si Marcos Senesi a pu rallier Tottenham Hotspur, c’est uniquement parce qu’il était en fin de contrat et qu’il ne désirait pas prolonger. Sinon, les pépites Alex Scott, Eli Junior Kroupi ou Rayan ont toutes été catégorisées comme intransférables. De même, le board ne facilitera en aucun cas d’éventuels départs de Tyler Adams, Adrien Truffert ou Marcus Tavernier. Après un été 2025 marqué par de multiples ventes onéreuses, qui avaient notamment dégarni le secteur défensif, Bournemouth souhaite cette fois miser sur la stabilité.

Alex Scott Bournemouth
La direction de Bournemouth n’entend pas vendre Alex Scott cet été. Au contraire, elle cherche à prolonger le contrat de son milieu de terrain.

Trois recrues pour densifier l’effectif

Pour autant, face à un calendrier qui devrait être plus éprouvant que jamais, les Cherries veulent offrir de la profondeur à leur effectif. Comme le prouve par exemple la blessure d’Eli Junior Kroupi, qui sera absent lors des premiers mois de compétition, Bournemouth n’entend pas être dépendant d’un seul élément par poste, sans solution pour le remplacer. C’est pourquoi le club a déjà sorti le portefeuille pour dévoiler trois recrues. Tout d’abord, l’avant-centre uruguayen Alvaro Rodriguez s’est engagé avec Bournemouth contre un chèque de 25 millions d’euros (M€). Auteur de 7 buts la saison passée avec Elche en Liga, il apportera une solution différente d’Evanilson et d’Eli Junior Kroupi grâce à son profil athlétique (1,93m). D’un autre côté, Antonio Silva est le remplaçant attitré de Marcos Senesi. Très côté, le Portugais arrive du Benfica Lisbonne contre 25 M€ et pourrait vite s’imposer comme le leader de cette défense. Enfin, Juanlu Sanchez a été déniché au Séville FC (11 M€) pour prendre la relève dans le couloir droit d’un Alex Jiménez suspendu en Angleterre. Le nouvel arrivant espagnol pourrait incarner une certaine continuité avec son prédécesseur grâce à son penchant offensif et ses prises d’initiatives.

La vision tactique de Marco Rose

L’autre point qui doit aider Bournemouth dans sa quête, c’est le schéma tactique que mettra en place Marco Rose sur le terrain. Avant lui, Andoni Iraola s’était démarqué par sa philosophie de jeu offensive, caractérisée par de la verticalité, de l’intensité et un pressing haut. Une approche unanimement maîtrisée par son vestiaire. Il n’est donc pas question pour Marco Rose de bouleverser cette animation. « Le club s’est construit une identité pour concourir en Premier League. Nous allons maintenir ce football proactif, vers l’avant, offensif. Nous ajusterons peut-être certaines choses mais l’approche va rester la même », a-t-il déclaré lors de sa présentation. Une autre preuve de cette stabilité qu’a cherché à instaurer la direction du club durant cet intersaison.

Amine Adli Bournemouth
Bournemouth pourrait conserver une philosophie de jeu offensive et verticale sous la houlette de Marco Rose.

Bournemouth a-t-il vraiment un objectif cette saison ?

Maintenant, seuls les résultats permettront de juger le succès de cette transition. Si le contexte n’est pas du tout le même, il faut rappeler qu’Andoni Iraola avait attendu quasiment trois mois avant de remporter son premier match de Premier League lors de son arrivée. C’était lors de la 10e journée. Cela ne l’avait pas empêché d’accrocher une 12e place en fin d’exercice. Mais cette fois, les Cherries s’apprêtent à vivre une campagne bien plus énergivore, qui pourrait laisser des traces. La saison dernière, Nottingham Forest avait par exemple durement lutté pour éviter la relégation en championnat (16e au final), alors que les Tricky Trees évoluaient parallèlement en Ligue Europa. Une expérience sur laquelle Bournemouth doit s’appuyer pour ne pas reproduire les mêmes erreurs que son concurrent. Si le risque d’accident n’est pas à exclure, ce club va surtout profiter de sa situation, vivre des soirées européennes de rêve et tenter de réaliser le meilleur parcours possible aussi bien en Premier League qu’en Ligue Europa. Après tout, Bournemouth n’avait jamais préparé une saison aussi excitante que la prochaine.