Fulham fait sa révolution. Début juillet, les Cottagers ont officialisé la venue d’Alvaro Arbeloa au poste de manager, en lieu et place d’un Marco Silva en fin de contrat. Le coach espagnol arrive en provenance du Real Madrid et emmène dans ses bagages deux pépites de la Casa Blanca : Gonzalo Garcia et César Palacios. Mais peut-il imposer sa patte au sein du club londonien ?

Cet été, une nouvelle ère commence du côté de Fulham. Le club londonien a enregistré le départ de son manager, Marco Silva, qui était en fin de contrat le 30 juin dernier. Malgré des discussions pour une prolongation, le Portugais a fait le choix de rentrer au pays afin de diriger le Benfica Lisbonne. La fin d’une collaboration longue de cinq années, au cours desquelles Marco Silva a d’abord remporté le titre en Championship, avant de stabiliser les Cottagers dans le milieu de tableau de la Premier League pendant quatre saisons. Afin de poursuivre cette épopée dans l’élite, la direction a pris son temps (plus d’un mois) pour lui trouver son remplaçant. Jusqu’à annoncer l’heureux élu : Alvaro Arbeloa. À 43 ans, le technicien espagnol a paraphé un contrat de trois ans avec la formation de la capitale anglaise.
« Ce club dispose de tout ce qui est nécessaire pour passer un cap et je suis prêt pour cela. »
Après avoir raflé tous les plus grands trophées imaginables durant sa carrière de footballeur professionnel, que ce soit avec le Real Madrid ou la sélection, Alvaro Arbeloa s’est reconverti en tant qu’entraîneur. Son expérience dans le domaine reste limitée, puisqu’il a seulement pris en charge des équipes de jeunes du Real Madrid, puis l’équipe première de la Casa Blanca entre janvier et mai 2026. Pour autant, il se sent légitime pour lancer ce chapitre. « Ce qui m’a convaincu, c’est cette opportunité de construire quelque chose. Quand j’ai parlé avec les propriétaires du club, j’ai senti de l’ambition, de l’honnêteté et une vraie envie de progresser. Ce club dispose de tout ce qui est nécessaire pour passer un cap et je suis prêt pour cela », a confié Alvaro Arbeloa lors de sa première interview en tant que manager de Fulham.

Un projet de jeu défini
Dès sa prise en charge, l’ambition du coach fraîchement intronisé s’est matérialisée sur deux points. Tout d’abord, par sa philosophie de jeu. Lors de son entretien inaugural avec le média officiel du club, Alvaro Arbeloa en a dit plus sur la manière dont il souhaitait voir évoluer ses joueurs sur le pré. « Je veux une équipe avec une identité claire, qui joue avec courage et personnalité. Nous voulons être une équipe vraiment offensive, courageuse avec le ballon et agressive lorsque nous le perdons. Mais c’est notre mentalité qui nous donnera le plus de chances de gagner. L’attitude est la chose la plus importante », considère-t-il. Le second volet sur lequel le champion du monde 2010 avec la Roja ne veut pas perdre de temps, c’est le mercato. Cet été, les pensionnaires de Craven Cottage ont vu partir librement Harry Wilson et Raul Jimenez, deux titulaires de l’animation offensive de Marco Silva l’an passé. Le prêt de Samuel Chukwueze est, lui, arrivé à son terme, quand Issa Diop et Sasa Lukic ont été vendus à Ipswich Town. Alvaro Arbeloa s’est donc montré clair : il faut recruter pour compenser ces départs, améliorer l’effectif, et ce, le plus vite possible, avec des éléments capables de s’intégrer dans son système.
Gonzalo Garcia et César Palacios s’engagent à Fulham
Et quoi de mieux que de piocher dans un environnement qui lui est familier pour renforcer sa nouvelle équipe ? Le 3 août, Fulham a annoncé les signatures de Gonzalo Garcia et de César Palacios en provenance du… Real Madrid. Deux joueurs qu’Alvaro Arbeloa connaît sur le bout des doigts pour les avoir eu sous ses ordres au sein du club espagnol. Sous la houlette de l’ancien latéral droit de Liverpool, Gonzalo Garcia a obtenu un temps de jeu honorable dans un vestiaire de galactiques, notamment en Liga. Le temps pour lui d’inscrire quatre buts et de délivrer une passe décisive. Il débarque sur les bords de la Tamise contre un chèque de 40 millions d’euros. D’un autre côté, César Palacios est un milieu offensif de la génération 2004 (comme son compère). C’est Alvaro Arbeloa lui-même qui lui a offert ses premières minutes en professionnel, dès le premier match qu’il a dirigé sur le banc du Real. Il représente plus un talent à polir qu’un joueur déjà confirmé.

Un édifice collectif à bâtir
Si César Palacios devrait bénéficier d’un certain temps pour s’acclimater, notamment avec les présences à son poste d’Emile Smith Rowe et de Josh King, Gonzalo Garcia aura probablement vite un rôle majeur. Il est le remplaçant attitré de Raul Jiménez, auteur de 9 buts et 3 passes décisives en Premier League avec Fulham la saison passée. De quoi tout de suite donner des responsabilités au jeune attaquant espagnol. Comme évoqué précédemment, les Cottagers ont aussi perdu Harry Wilson. Le Gallois était le meilleur joueur du club en 2025-2026, avec ses 10 buts et 7 passes décisives en championnat. Il a rallié librement Leeds United et n’a pas encore été remplacé. Sinon, Alvaro Arbeloa peut pour le moment compter sur tous les autres cadres de Fulham des exercices précédents : Alex Iwobi, Joachim Andersen, Bernd Leno, Antonee Robinson, Calvin Bassey, Sander Berge, etc. Le nouveau manager cherche tout de même encore un joueur dynamique sur le couloir droit, un milieu de terrain (Shea Charles de Southampton ?) et un défenseur central.

Est-ce que Fulham peut conserver son statut ?
Autant dire que l’effectif jouit d’une certaine continuité, mis à part la perte des deux éléments offensifs, qui devra être compensée statistiquement. Le gros enjeu est désormais d’adapter ce groupe à une philosophie de jeu différente. Le tout avec une certaine inconnue : est-ce qu’Alvaro Arbeloa peut imposer ses idées en Premier League ? Si son arrivée paraît séduisante et peut offrir un vent de fraîcheur bienvenu à Fulham, elle reste néanmoins accompagnée d’interrogations, notamment du fait de sa réussite relative au Real Madrid. L’objectif numéro un du club présidé par Shahid Khan est bien évidemment de s’inscrire dans la continuité des prouesses réalisées par Marco Silva ces dernières années. Pour rappel, depuis son retour en première division, Fulham a consécutivement terminé 10e, 13e, puis deux fois 11e, soit à l’abri de la lutte pour le maintien. Alvaro Arbeloa peut-il poursuivre dans ce sens ? « Je veux construire quelque chose de spécial, un beau projet dont nos supporters pourraient être fiers. Je veux que les supporters prennent du plaisir en regardant notre équipe évoluer. S’ils sont fiers de moi, je pense que j’aurai réussi. » Reste à voir maintenant si cette transition lancée par Fulham sera couronnée de succès et permettra au club d’asseoir sa position en Premier League.