Après huit saisons passées en Premier League, Wolverhampton retrouvera le Championship en août prochain. La faute à une campagne 2025-2026 totalement ratée, qui a vu le club rester cantonné à la place de lanterne rouge. Mais les maux sont plus profonds, avec un projet sportif sur le déclin depuis plusieurs années.

Cette fois, c’est officiel. Wolverhampton Wanderers n’évoluera pas en Premier League en 2026-2027. À cinq journées de la fin du championnat, les Wolves sont désormais dans l’incapacité mathématique d’accrocher leur maintien. Huit ans après leur promotion, ils retrouveront donc le Championship à la rentrée. « C’est un moment difficile pour toutes les personnes liées au club » confesse Nathan Shi, président exécutif de Wolverhampton. Il faut dire que, cantonnés à la dernière place de l’élite anglaise depuis le mois d’août, Joao Gomes et sa troupe n’avaient que peu d’espoir d’accrocher un maintien. L’arrivée sur le banc en novembre de Rob Edward a eu beau redonner un peu de baume au cœur à cette formation : ça n’aura pas suffi. Jusqu’ici, Wolverhampton n’a engrangé que 17 points, pour un maigre total de trois petites victoires. Pis, le club n’a inscrit que 24 buts (20e), pour 61 encaissés (19e). Bref, sans rentrer dans les détails tactiques, cette équipe n’était tout simplement pas au niveau requis de la Premier League.
Une dynamique inquiétante depuis 2022
Une relégation qui n’est que le fruit d’une longue agonie. En effet, Wolverhampton souffre depuis plusieurs années. Sur les cinq dernières saisons, le club des West Midlands a terminé en seconde partie de tableau à quatre reprises. Surtout, depuis 2022, il perpétue la fâcheuse habitude de rater ses débuts d’exercice. Résultat ? Le maintien se mue vite comme la grande priorité. D’ailleurs, les Wolves avaient déjà évité de justesse la relégation l’an passé. Seule une somptueuse série de résultats positifs en début d’année 2025 leur avait permis de prendre leurs distances avec la zone rouge. Des résultats bien loin des deux septièmes places consécutives acquises lors de leur retour en Premier League en 2018. Souvenez-vous, à cette époque, Wolverhampton était une institution ambitieuse et séduisante, habitée par une envie de bousculer l’ordre établi en haut du classement. Cette stagnation et ces campagnes ratées sonnent donc comme la conséquence d’une stratégie sportive manquée, imputable à la direction.

2023, l’année pivot pour Wolverhampton
En ligne de mire : la politique de recrutement. Lors de la reprise du club en 2016 par le groupe chinois Fosun International, l’objectif était de construire un effectif compétitif pour remonter dans l’élite et y performer. C’est pourquoi en deux ans, des joueurs très cotés sur le circuit européen ont rejoint l’effectif : Rúben Neves, João Moutinho, Diogo Jota, Raul Jimenez ou Rui Patricio. Une réussite instantanée. Mais après trois saisons à végéter dans le milieu du tableau en Premier League, Wolverhampton arrivait en fin de cycle. À l’été 2023, l’état-major du club change de cap. En vingt-quatre mois, tous les cadres de l’équipe s’en vont, parfois contre de jolis chèques : Matheus Nunes, Rúben Neves, Nathan Collins, Conor Coady, Raul Jimenez, João Moutinho, Pedro Neto, Maximilian Kilman, Matheus Cunha, Rayan Aït-Nouri, etc. Oui, la liste est (très) longue. De quoi évidemment abaisser le niveau de l’effectif.

Une politique de recrutement contestable
Parallèlement, les pensionnaires du Molineux Stadium décident de miser sur des éléments plus jeunes, dépourvus d’expérience du très haut niveau ou du football anglais. En clair, les Wolves s’essaient quasi exclusivement à des paris. Une stratégie vouée à l’échec. Dans un championnat aussi exigeant et compétitif que la Premier League, Wolverhampton s’affaiblit face à une concurrence de plus en plus coriace. En effet, aucune des stars précédemment citées n’a été remplacée par un joueur du même calibre. Pourtant, le compte en banque se remplit. Le club de la banlieue de Birmingham a enregistré 422,7 millions d’euros de revenus au travers de la vente de joueurs entre l’été 2023 et l’été 2025. Sur ladite période, c’est le seul club présent en Premier League sans discontinuer qui dispose d’une balance de transferts positive. Même lors du dernier mercato estival, alors que Wolverhampton venait d’échapper à la relégation, la politique de recrutement n’a pas changé. « Je ne pense pas qu’on ait besoin d’investir pour gagner à nouveau » osait même Jeff Shi en juin 2025, ex-président du club. Il s’est depuis mis en retrait en décembre de la même année.
L’inarrêtable valse des entraîneurs
L’autre problématique, c’est cette instabilité permanente au poste de manager. Depuis le départ de l’emblématique Nuno Espirito Santo en juin 2021, Wolverhampton a nommé cinq coachs différents. C’est simple, cela fait en moyenne un par saison. Trois d’entre eux ont été limogés dans l’urgence après un début de saison raté, en l’occurrence Bruno Lage (en 2022), Gary O’Neil (en 2024) et Vitor Pereira (en 2025). Les prouesses réalisées par chacun d’entre eux lors de l’exercice précédent ont vite été oubliées. Cependant, le cas le plus iconique reste celui de Julen Lopetegui. Un cas presque prémonitoire. Après avoir maintenu les Wolves dans l’élite en 2023, l’Espagnol démissionne moins d’une semaine avant le premier match de la nouvelle saison. En cause ? La politique de la direction sur le marché des transferts. En effet, toutes ces ventes évoquées précédemment, couplées à l’absence de recrues d’envergure, avaient déjà fait sortir de ses gonds l’ex-entraîneur éphémère du Real Madrid.
Quid de la relation avec Jorge Mendes ?
Enfin, il faut aussi se demander quelle responsabilité détient la collaboration avec Jorge Mendes dans cette relégation. Au début du projet mené par Jeff Shi, le super agent portugais plaçait bon nombre de ses joueurs dans cette équipe de Wolverhampton. Et pas des moindres, puisqu’on parle de Rúben Neves, João Moutinho, Rui Patricio, Pedro Neto ou Nélson Semedo pour ne citer qu’eux. Mais à l’heure de changer de stratégie en 2023, la direction décide de s’éloigner de Jorge Mendes. En clair, elle souhaite être moins dépendante de ses services. Sauf que les quelques pioches dégotées depuis par l’influent homme d’affaires s’avèrent d’un tout autre standing que les premières. Transféré contre un chèque de 23 millions d’euros, Fer Lopez a échoué chez les Wolves ; Matt Doherty n’a plus ses jambes d’antan ; tandis qu’en deux ans, Bastien Meupiyou n’a pas joué une seule fois avec l’équipe professionnelle. Des erreurs de casting qui ont également entraîné une perte de compétitivité à Wolverhampton.

Un objectif : le retour direct en Premier League
« Nous savons clairement ce qui doit être amélioré et nous nous concentrons désormais sur le renforcement du club, la création d’une dynamique positive et la construction d’une équipe en laquelle nos supporters peuvent croire. Nous savons ce qu’il faut faire et nous aborderons les mois à venir avec détermination », insistait Nathan Shi cette semaine. En effet, la prochaine fenêtre estivale s’annonce maintenant décisive. Il faudra absolument construire une équipe capable de jouer les premiers rôles en Championship. Le tout avec un objectif : la remontée immédiate en Premier League. Ces dernières années, trop de clubs se sont enlisés dans l’antichambre du football anglais après leur relégation de l’élite : West Bromwich Albion, Norwich City, Watford, Swansea City, Stoke City, etc. Dans sa quête, le club pourra compter sur Rob Edwards au poste de manager, lui qui a réalisé un travail intéressant compte tenu du contexte difficile. Mais est-ce que la direction sportive changera de stratégie pour permettre à Wolverhampton de rebondir au plus vite ?