Est-ce que Burnley avait les armes pour se maintenir en Premier League ?

Le yo-yo se poursuit du côté de Burnley. Promus en Premier League en début de saison, les Clarets n’ont pas réussi à se maintenir parmi l’élite. Ils retrouveront bien le Championship dès la rentrée prochaine, avec l’ambition de ne pas s’y enliser. Mais le club du Lancashire pouvait-il espérer un autre scénario ?

Josh Cullen et Axel Tuanzebe discutent avant de tirer un coup franc pour Burnley
Burnley n’a pas trouvé les solutions pour assurer son maintien en Premier League.

Burnley remet un jeton dans l’ascenseur. De retour en Premier League cette saison après un exercice historique en Championship l’an passé, les Clarets ne s’éterniseront pas. Le 22 avril, le club du Lancashire a encaissé sa vingt-deuxième défaite en championnat, synonyme de relégation à l’échelon inférieur. C’est simple, 19e du classement avec seulement vingt points au compteur, Burnley vient de voir s’envoler ses derniers espoirs d’accrocher un maintien, devenu déjà hypothétique depuis de longues semaines. Le reflet d’un club à l’instabilité chronique. En effet, c’est la cinquième année consécutive que les pensionnaires de Turf Moor terminent soit par une promotion en Premier League, soit une relégation en Championship. Une prouesse record, également réalisée par Fulham entre 2017-2018 et 2021-2022. Mais est-ce que Burnley s’était doté de moyens suffisants pour enrayer la malédiction cette saison ?

Une stratégie mercato ficelée

Initialement, l’institution présidée par Alan Pace avait fait le choix de la continuité. L’objectif était de conserver la majorité de l’effectif, tout en investissant intelligemment. C’est pourquoi quatre joueurs prêtés au club l’an passé se sont engagés définitivement : Bashir Humphreys, Marcus Edwards, Jaidon Anthony et Zian Flemming. La direction sportive a aussi opté pour l’expérience, avec les arrivées des vieux briscards Kyle Walker et Martin Dubravka, mais aussi d’éléments habitués aux joutes anglaises comme Lesley Ugochukwu, Armando Broja ou Axel Tuanzebe. Enfin, quelques joueurs cotés et prometteurs ont également signé, tels que Florentino Luis, Quilindschy Hartman et Loum Tchaouna. Montant total des opérations ? 126,5 millions d’euros. Surtout, Burnley a conservé le grand artisan de sa montée, Scott Parker, manager du club depuis juillet 2024. Cependant, notons que la colonne vertébrale de l’équipe a été sérieusement entamée. Le gardien James Trafford s’en est allé rejoindre Manchester City, tandis que le capitaine Josh Brownhill et le robuste CJ Egan-Riley sont tous les deux partis librement.

Kyle Walker se replace avec Burnley
S’il ne fait pas une mauvaise saison, Kyle Walker n’a cependant pas eu l’apport escompté du côté de Burnley dans sa quête de maintien.

Un niveau de jeu en-deçà des prérequis

Au moment de faire les comptes, un élément saute aux yeux : cette équipe manque cruellement de qualité. Collectivement et individuellement, cette formation paraît inférieure à ses adversaires, comme impuissante. En cause, un effectif dépourvu de joueurs frissons, d’un facteur X capable de faire la différence à tout moment, mais aussi de leaders (techniques et par la voix). Résultat ? Les points forts de cette équipe sont difficiles à déterminer. Défensivement, le constat est limpide : Burnley dispose de la pire défense de Premier League, avec 68 buts encaissés en 34 journées. Cela fait une moyenne de deux réalisations concédées par match. Malgré les performances plutôt solides de Maxime Estève dans l’axe, le bloc des Clarets est bien trop friable et passif, ce qui laisse l’opportunité aux adversaires de mettre en place leur jeu. Les hommes de Scott Parker ont subi 571 tirs cette saison, de loin le pire total du championnat. Ils n’ont ainsi réalisé que quatre clean sheet, soit autant que la lanterne rouge Wolverhampton.

L’animation de jeu en berne de Burnley

Mais offensivement, la donne est identique. Premier point, Burnley ne s’appuie que sur la 19e attaque de l’élite anglaise, cumulant 34 buts marqués. Un chiffre en grande partie alimenté par les réalisations de Zian Flemming (9 buts) et de Jaidon Anthony (7 buts). Sauf qu’au-delà d’un éventuel problème d’efficacité, cette équipe des Clarets n’apporte surtout aucun danger devant la cage adverse. Elle ne s’est procurée que 50 occasions de but cette saison (19e) et n’a par exemple remporté que deux pénalties depuis le mois d’août. La faute à un énorme manque de créativité. Sur le pré, Burnley manque terriblement de liant, d’ingéniosité et de prise d’initiative. Au milieu, Florentino Luis n’a pas eu le rendement attendu, que ce soit dans la passe, ses projections ou sa capacité à casser les lignes. Pareil, les ailiers n’ont jamais réussi à s’imposer comme des menaces percutantes et dominantes dans le un contre un. L’absence d’un vrai numéro dix, capable de prendre le jeu à son compte, est également à déplorer dans cet effectif. Les automatismes et le rythme en possession ont été bien trop faibles collectivement, débouchant sur un manque de combinaisons et de verticalité sur le terrain.

Florentino Luis tente un centre pour Burnley
Arrivé l’été dernier du Benfica, Florentino Luis a déçu dans l’entrejeu de Burnley.

Scott Parker sur le banc des accusés

Sauf que dans ce contexte, un homme affiche aussi une part importante de responsabilités. Son nom ? Scott Parker. Depuis son banc, le coach n’a jamais réussi à sublimer cette équipe et à trouver la formule parfaite pour voir ses joueurs s’épanouir. Il a pourtant essayé, usant consécutivement de systèmes en 4-2-3-1, en 4-3-3 ou en 5-4-1. Le tout, en utilisant 26 joueurs. Mais toute la saison, Burnley est restée une équipe terne, contrainte de subir le jeu adverse, plutôt que de chercher à entreprendre et poser son football. Souvent sur la défensive, cette formation n’a pas réussi à développer des sorties de balles précises et efficaces pour contrer ses opposants. Pourtant, cette tendance de jeu s’est souvent répétée week-end après week-end. Elle n’est pas non plus parvenue à ériger des lignes solides pour faire face aux constructions adverses, ni à définir une réelle approche lorsqu’elle avait le ballon. En clair, les progrès individuels et collectifs ont été extrêmement rares au cours de cette saison. Et malheureusement, Scott Parker n’a jamais semblé avoir la clé du rebond.

Scott Parker donne ses consignes en tant que manager de Burnley
Scott Parker n’est pas parvenu à trouver la formule gagnante pour permettre à Burnley de rester en Premier League.

Mike Jackson pour finir la saison

Le coach anglais subit donc un nouvel échec en Premier League, après ses relégations avec Fulham en 2019 (il avait pris l’équipe en février) et 2021, puis son licenciement précoce de Bournemouth en août 2022. Sauf que cette fois, difficile pour l’état-major du club d’espérer un autre scénario. Sur chaque ligne, Burnley semblait inférieur au niveau requis pour se maintenir dans l’élite. L’effectif paraît insuffisamment fourni, la stratégie mercato s’est avérée être un échec et Scott Parker ne semble pas encore avoir les épaules assez larges pour performer sur le banc d’une formation de première division. D’ailleurs, une fois cette relégation entérinée, le club et le manager de 45 ans sont parvenus à un accord mutuel pour mettre immédiatement un terme à leur collaboration. Pour les quatre dernières rencontres de la saison, c’est Mike Jackson, coach assistant depuis 2022, qui assurera l’intérim. De son côté, la direction s’est déjà mise à la recherche d’un nouvel entraîneur en vue du prochain exercice. La question est maintenant de savoir si Burnley poursuivra son yo-yo et remontera immédiatement en Premier League.