Wolverhampton est déjà condamné à réaliser un exploit cette saison. Dernier de Premier League, avec seulement deux petits points au compteur, le club de la banlieue de Birmingham se dirige vers une inexorable relégation en Championship. Pour éviter cela, la direction a décidé de nommer Rob Edwards sur son banc. Le Gallois pourra-t-il maintenir les Wolves ?

Wolverhampton est au bord du précipice. Auteurs d’un début de saison tout bonnement catastrophique, les Wolves restent cantonnés à la place de lanterne rouge de la Premier League. Avec seulement deux petits points au compteur, ils affichent déjà un retard de huit unités sur le premier non relégable, Burnley. Mais plus inquiétants encore, les coéquipiers de Toti Gomes réalisent l’une des moins bonnes entame d’exercice de l’histoire de l’élite anglaise dans sa version moderne (depuis 1992). C’est simple, après 11 journées disputées, seul Sheffield United a fait pire en 2020-2021 avec un unique point emmagasiné. Wolverhampton égale d’ailleurs la performance de Manchester City en 1995-1996, qui n’avait aussi récolté que deux points au même stade de la compétition. La mauvaise nouvelle, c’est que ni Sheffield United, ni Manchester City, n’avaient réussi à se maintenir en fin de campagne.
Vitor Pereira licencié par son état-major
Mais la direction des Wolves, incarnée par son président chinois Jeff Shi et le groupe Fosun International, rêve de rompre cette malédiction. C’est pourquoi elle a décidé au début du mois de novembre de se séparer de son manager, Vitor Pereira, dans le but de créer un électrochoc dans l’équipe. Le Portugais avait pourtant maintenu le club en première division l’an passé avec brio et avait même prolongé son contrat pas plus tard qu’en septembre dernier. « Malgré notre ferme volonté de laisser au coach du temps et des matchs pour renverser la situation, nous avons atteint un point où nous devons faire un changement » indiquait Jeff Shi dans un communiqué officiel. Résultat : Wolverhampton est allé chercher un visage bien familier pour prendre la relève sur son banc de touche. Son nom ? Rob Edwards.

« Nous avons besoin d’un nouvel élan au sein du club avec la philosophie d’un nouveau coach. »
Jeff Shi
Le Gallois de 42 ans a endossé la tunique des Wolves à 111 reprises pendant quatre saisons au cours de sa carrière de joueur professionnel. C’est également au sein de ce club qu’il a lancé sa reconversion en tant que manager, d’abord en prenant en charge les U18 (2014-2015), puis les U23 (2018-2019). Rob Edwards a même été à la tête de l’équipe A en tant qu’intérimaire en octobre 2016, le temps de deux matchs de Championship. « Rob est une très bonne personne, qui connaît très bien le club, mais aussi la ville, les fans et qui est très talentueux. Nous avons besoin d’un nouvel élan au sein du club avec la philosophie d’un nouveau coach, qui amène sa propre identité et ses idées » souligne Jeff Shi sur le site officiel de Wolverhampton. Pour rappel, Rob Edwards était en poste du côté de Middlesbrough depuis le mois de juillet. Suffisamment de temps pour lui permettre de mener Boro sur la deuxième marche du podium de l’antichambre du football anglais. D’ailleurs, notons que Wolverhampton a dû s’acquitter d’une enveloppe de plus de quatre millions d’euros pour s’attacher les services de son nouvel entraîneur.
Le passage prometteur de Rob Edwards à Luton
Mais Rob Edwards est surtout connu pour être l’homme à l’origine de l’épopée magique de Luton Town. Intronisé sur le banc des Hatters en novembre 2022, il permet au petit club londonien de monter en Premier League pour la première fois de son histoire dès l’été 2023. Il dirige ensuite Luton toute la saison suivante dans l’élite. Et malgré la 18e place des pensionnaires de Kenilworth Road en fin de campagne, synonyme de relégation, Rob Edwards aura laissé une merveilleuse impression depuis sa zone technique. Il a permis à tout un club, condamné par bon nombre d’observateurs à une terrible 20e place avant même le lancement de la saison, de croire jusqu’au bout en un maintien fou. À Luton, Rob Edwards a mis en place une équipe valeureuse, qui osait jouer et prendre des risques. Une formation capable de gêner n’importe quel adversaire grâce à un football vertical, mais sans forcément être récompensé. Il est aussi l’homme qui a permis à Ross Barkley de relancer sa carrière outre-Manche.
Une équipe de Wolverhampton à construire intégralement
Mais maintenant, pourra-t-il récidiver ce type de performance avec Wolverhampton ? Et surtout, arrivera-t-il cette fois à maintenir son nouveau club en Premier League ? Pour rappel, les ex-joueurs de Vitor Pereira n’ont pas encore gagné le moindre match de championnat cette saison. Jusqu’ici, cette équipe a semblé déconnectée sur le terrain, manquant cruellement d’automatismes, de créativité, mais aussi d’intensité. C’est simple, le ballon n’avance pas pendant les phases de possession. Conséquence : les Wolves se créent très peu de situations offensives, avec seulement 104 tirs tentés pour le moment (19e) et 7 petits buts inscrits (20e). Défensivement, même constat. Le bloc est trop passif, subit le jeu adverse sans broncher et laisse des espaces énormes à l’adversaire pour s’offrir des opportunités. Les pensionnaires du Molineux Stadium disposent donc aussi de la pire défense de Premier League (25 buts encaissés), avec quelques performances très délicates dans ce secteur de jeu contre Manchester City (0-4), Fulham (3-0), Chelsea (3-0), Leeds (1-3) ou Everton (2-3).

Quels cadres sur lesquels s’appuyer ?
Assurément, Rob Edwards va devoir réaliser un énorme travail pour relancer un collectif à la rue, dans lequel aucune individualité ne semble se démarquer. Pour rappel, Wolverhampton a énormément perdu en qualité ces dernières saisons, notamment avec les départs de Matheus Cunha, Rayan Aït-Nouri, Nélson Semedo, Pedro Neto, Ruben Neves, Max Kilman ou Matheus Nunes, qui n’ont jamais été remplacés par des joueurs du même calibre. Aujourd’hui, l’effectif des Wolves est jeune, inexpérimenté et manque cruellement de leaders. Certaines individualités comme Joao Gomes, Jorgen Strand Larsen, André, voire Ladislav Krejci font figure de cadre et doivent tirer cette équipe vers le haut. Rob Edwards souhaitera sûrement aussi s’appuyer sur les dernières recrues estivales comme Jhon Arias ou Fer Lopez, qui n’ont pas réussi pour le moment à se montrer sous leur meilleur visage. Bref, le chantier est colossal pour le nouveau manager. Coup d’envoi de l’opération sauvetage ce samedi 22 novembre, avec l’accueil de Crystal Palace.