Quels sont les secrets du nouveau 4-1-3-2 de Pep Guardiola à Manchester City ?

Pep Guardiola a encore décidé d’innover. Lassé par les résultats et les performances décevantes de son Manchester City en 2026, le manager espagnol a métamorphosé son animation tactique. Désormais, place à un atypique 4-1-3-2. Mais comment fonctionne ce système dans lequel rayonnent aussi bien les principes de jeu du Catalan que ses joueurs ?

Bernardo Silva donne des consignes en tant que capitaine de Manchester City
Bernardo Silva évolue désormais au coeur du jeu de Manchester City, dans un rôle de chef d’orchestre.

À douze matchs du terme de cette haletante saison 2025-2026, la lutte pour le titre fait toujours rage en Premier League. Bien installé dans le fauteuil de leader du championnat depuis le mois d’octobre, Arsenal voit son grand rival Manchester City s’afficher à seulement quatre points dans son rétroviseur. Un écart bien maigre, alors que les Skyblues ont éprouvé certaines difficultés depuis le changement d’année. Lors de leurs six premières rencontres de Premier League disputées en 2026, les pensionnaires de l’Etihad Stadium ne se sont imposés qu’une seule fois. A contrario, ils ont concédé quatre matchs nuls et se sont inclinés sur la pelouse de Manchester United. Pas de quoi les faire avancer. Ces résultats ont plutôt incité le manager de l’équipe, Pep Guardiola, à se réinventer tactiquement (une nouvelle fois).

Un début d’année 2026 raté

Le constat était simple : Manchester City éprouve bien trop de difficultés à contrôler ses matchs, à se montrer dangereux offensivement et à tirer le meilleur de chacun de ses joueurs sur le terrain. Par exemple, sur ces six premières sorties de l’année, les Cityzens disposaient d’une moyenne d’un but inscrit par match. Une perte de vitesse nette, puisqu’au cumul des 24 premières journées, la moyenne du club est de deux buts marqués par 90 minutes. Sur ces six rencontres, Manchester City ne s’est créé en moyenne que 2,5 occasions par match. Pis, les Skyblues ne s’en sont pas procurés la moindre lors de leurs oppositions contre Chelsea et Manchester United. Une vraie différence par rapport à leur rythme de croisière atteint en première partie de saison : Manchester City est le club qui a généré le plus d’opportunités de buts au terme de la 24e journée (3,1/match en moyenne). Notons aussi que plusieurs cadres ne s’épanouissaient plus, à l’image d’Erling Haaland, qui n’a pas inscrit le moindre but dans le jeu entre le 20 décembre et le 11 février. Phil Foden a également disparu, tandis qu’une défense amputée de ses blessés peinait à convaincre.

Nico Gonzalez déçu du match nul de Manchester City à Tottenham Hotspur
Les résultats de Manchester City en ce début d’année 2026 ont incité Pep Guardiola à changer son animation sur le terrain.

Des joueurs repositionnés sur le pré

Autant dire qu’il fallait agir pour Pep Guardiola. Pour ce faire, le tacticien catalan a décidé de troquer son système en 4-1-4-1 contre un nouveau 4-1-3-2. Longtemps habitué dans sa carrière à évoluer avec une seule pointe, voire sans avant-centre de métier, l’ex-coach du FC Barcelone dote cette fois son attaque de deux buteurs. Le but ? Offrir une solution directe à Erling Haaland en réduisant son isolement au cœur des défenses adverses. De quoi également susciter une menace plus importante dans les derniers mètres. Au milieu du terrain, Bernardo Silva continue d’avoir les clés du jeu en se plaçant au centre de cette animation. Cette fois, il peut compter sur le repositionnement du jeune Nico O’Reilly à ses côtés. Milieu offensif de formation, il était utilisé depuis le début de l’exercice au poste de latéral gauche. Sur cette position d’arrière gauche justement, Pep Guardiola a aussi tranché : Rayan Aït-Nouri retrouve un rôle de titulaire. Le profil offensif de l’ancien de Wolverhampton doit permettre à Manchester City d’animer un couloir dépourvu d’ailier.

Composition d'équipe de Manchester City contre Fulham en Premier League
Le onze de départ de Manchester City lors de l’accueil de Fulham le 11 février dernier.

Des entrées en matière réussies

Mais plus que les hommes choisis, c’est l’organisation de ce dispositif tactique qui suscite notre attention. Lors des deux rencontres disputées jusqu’ici dans ce système – à Liverpool et contre Fulham -, Manchester City est parvenu à réaliser des entames de match convaincantes, marquées par un contrôle du ballon et la création de situations offensives. Par exemple, face aux Reds, les Cityzens tirent à dix reprises en première période. Cela ne leur était pas arrivé depuis deux mois et demi ! Ils font même mieux trois jours plus tard, en tentant leur chance douze fois durant leur premier acte contre les Cottagers. Il faut le dire, ce système offensif, mené par une attaque à deux têtes, favorise la création d’un danger considérable. Mais il permet aussi aux champions d’Angleterre 2024 de dominer d’entrée ses adversaires. Durant les 45 premières minutes, Manchester City accapare 61 % de possession contre Liverpool et 59 % contre Fulham. Si cela ne suffit pas aux Skyblues pour ouvrir le score à Anfield, ils ne se fixent aucune limite contre Fulham et mènent 3-0 à la pause, ce qui sera le score final. Il faudra attendre le temps additionnel du second acte pour voir City s’imposer à Liverpool (1-2).

Un Bernardo Silva taille patron

Ce système de jeu offre d’ailleurs la part belle à certaines individualités, notamment au milieu de terrain. Bernardo Silva s’impose comme le régulateur du jeu, créant deux occasions de but par match, lui qui évolue avec élégance et propreté. Il marque d’ailleurs le but crucial de l’égalisation à Liverpool. L’activité de Nico O’Reilly est aussi à souligner, lui qui s’intègre parfaitement dans cette animation de par sa disponibilité et sa justesse technique. Grâce à son aisance dans la projection, il fait trembler les filets contre Fulham. S’il a encore du mal à finir les matchs, Rodri retrouve aussi des couleurs devant la défense : sur l’ensemble des deux matchs, il est le deuxième joueur de City qui touche le plus de ballons après Marc Guéhi. Mais ce milieu tout entier s’avère décisif notamment dans le contre-pressing. En défendant haut et en avançant, ces individualités récupèrent les ballons dans la moitié de terrain adverse et permettent à Manchester de mettre du rythme dans ses possessions, tout en acculant l’opposition. De plus, les permutations entre les différents éléments offensifs demeurent possibles, apportant encore de la complexité défensive pour l’adversaire. Plus que jamais, le ballon navigue dans le cœur du jeu du côté de City.

Pep Guardiola félicite Nico O'Reilly après la victoire de Manchester City contre Fulham
Pep Guardiola compte tout particulièrement sur son jeune milieu Nico O’Reilly cette saison.

Erling Haaland reprend confiance 

L’autre atout, c’est donc bien cette attaque à deux têtes. Elle permet de reconnecter Erling Haaland avec le jeu, en lui offrant une solution à proximité. Le Norvégien se montre plus disponible et plus à l’aise pour combiner, que ce soit avec Omar Marmoush, Antoine Semenyo ou ses milieux. La preuve, contre Liverpool, il réussit à créer trois occasions de buts et délivre même une passe décisive. Mieux, il marque à la fois contre les Reds, puis contre Fulham. Mais l’avantage, c’est qu’il n’est plus le seul attaquant à scorer. Arrivé cet hiver à Manchester City en provenance de Bournemouth, Antoine Semenyo a inscrit face aux Londoniens son cinquième but toutes compétitions confondues avec sa nouvelle équipe. Pas encore tout à fait intégré dans les circuits de passe et les déplacements des Skyblues, il démontre malgré tout son efficacité dans le dernier geste. Cette association dans l’axe avec le buteur scandinave peut assurément faire des ravages. Enfin, notons aussi que Marc Guéhi a grandement stabilisé un édifice défensif en perdition grâce à son calme, sa solidité et sa justesse.

Erling Haaland célèbre un but pour Manchester City
Erling Haaland est en train de redevenir une vraie menace à la pointe de l’attaque de Manchester City.

Une équipe taillée pour le titre ?

Au moment de faire les comptes, ce nouveau système de jeu érigé par Pep Guardiola a permis à Manchester City d’engranger le plein de points, avec deux victoires en autant de rencontres. Un pactole bienvenu, qui a permis au club de réduire le gap avec Arsenal au sommet de la Premier League. Surtout, ce dispositif semble faciliter l’épanouissement des différentes individualités de l’équipe. Beaucoup s’y retrouvent, positionnés à leurs postes préférentiels. Mais Pep Guardiola peut rendre cette équipe encore plus dangereuse. D’abord, en relançant définitivement un Phil Foden maussade depuis deux mois. Mais aussi en intégrant Rayan Cherki dans le onze de départ. Après son adaptation réussie au football anglais, le Français pourrait encore apporter un plus non négligeable à cette équipe. Armé de son nouveau système et de joueurs en pleine forme, Pep Guardiola aurait-il fait basculer la course au titre avec son innovation ?