Depuis le début d’année 2026, Nottingham Forest flirte dangereusement avec la zone de relégation en Premier League. Une situation inacceptable aux yeux de son propriétaire Evangelos Marinakis, qui a décidé de nommer un quatrième manager cette saison. Avec Vitor Pereira sur son banc, les Tricky Trees pourront-ils assurer leur maintien dans l’élite ?

Sans l’ombre d’un doute, Nottingham Forest s’érige comme l’un des clubs les plus représentatifs de notre football moderne. Multipropriété, culture de l’instant, dépenses pharaoniques, etc. Oui, l’illustre institution anglaise coche toutes les cases. Et elle bat même des records. Au cœur de ce mois de février, le propriétaire grec de Nottingham Forest a encore frappé. Evangelos Marinakis a décidé de se débarrasser de son manager, Sean Dyche, pourtant intronisé moins de quatre mois auparavant. Pour le remplacer ? Vitor Pereira, ex-coach de Wolverhampton, un club duquel il avait été licencié en novembre dernier. Après Nuno Espirito Santo, Ange Postecoglou et donc Sean Dyche, Vitor Pereira devient déjà le quatrième entraîneur des Tricky Trees cette saison. C’est simple, jamais une formation de Premier League n’avait été dirigée par autant de managers différents en une seule et même campagne. Bref, la méthode Marinakis.
Le bilan des managers de Nottingham Forest sous Evangelos Marinakis depuis septembre 2021 :
| Manager | Steve Cooper | Nuno Espirito Santo | Ange Postecoglou | Sean Dyche |
|---|---|---|---|---|
| % de victoires TCC | 39,8 % | 42,3 % | 0 % | 40 % |
| Points par match | 1,44 | 1,48 | 0,25 | 1,4 |
Un écart de plus en plus faible avec West Ham
Mais aussi instable soit-elle, cette méthode se justifie-t-elle peut-être sportivement et statistiquement ? Avant le coup d’envoi de la 27e journée du championnat, Nottingham Forest siège à la 17e place du classement. Les Reds ne comptent que trois petites unités d’avance sur le premier relégable, West Ham United. Un poursuivant en grande forme, aujourd’hui dirigé par Nuno Espirito Santo, qui reste sur dix points pris sur ses cinq dernières sorties. A contrario, Nottingham Forest n’a engrangé que six points sur ce laps de temps. Pire, ils n’ont remporté que deux de leurs dix derniers matchs de Premier League. Insuffisant, d’autant plus lorsque l’on se rappelle que l’écart entre les deux équipes était de sept encablures au terme de la 21e journée. Mais la forme étincelante de West Ham ne tronquerait-elle pas le rendement des Tricky Trees ? En y regardant de plus près, Sean Dyche était loin de faire du mauvais travail. Avec 40 % de victoires durant son mandat, l’Anglais est le deuxième manager de Nottingham Forest avec la plus grande part de succès de toute l’ère Marinakis (soit depuis 2017). Un résultat en partie dû aux bonnes performances du club en Ligue Europa.

Une instabilité à tous les niveaux
Sauf que ce que voit Evangelos Marinakis, c’est que les Hammers se rapprochent dangereusement. Et lorsque quelque chose ne plaît pas au sulfureux homme d’affaires hellène, il n’hésite pas à agir. La preuve, depuis son retour dans l’élite anglaise en 2022, Nottingham Forest est le 7e club le plus dépensier sur le marché des transferts. Il cumule une balance de transferts négative de 372,4 millions d’euros. En clair, seuls les membres du Big 6 traditionnel ont plus investi durant cette période. Chaque été, la direction des Reds multiplie les acquisitions, tentant de corriger les défauts constatés au sein de l’effectif à coups de recrues. L’objectif initial était limpide : il fallait éviter de terminer dans la zone de relégation. Une cible atteinte, puisque depuis sa promotion en Premier League, Nottingham Forest a consécutivement terminé 16e, 17e et 7e du championnat. Mais même après cet exercice 2024-2025 abouti, les Tricky Trees ont investi 236,9 M€ sur le marché. Une nouvelle fois, le club n’a pas privilégié le chemin de la continuité. Pas plus qu’au moment de licencier Nuno Espirito Santo, après trois matchs cette saison.
L’expérience de Vitor Pereira pour se sauver ?
La question est maintenant de savoir si avec Vitor Pereira aux manettes, Nottingham Forest est capable d’aller chercher son maintien. Comme évoqué précédemment, le matelas d’avance sur la zone rouge s’avère désormais bien maigre. Mais loin d’être rédhibitoire. D’autant que si Burnley et Wolverhampton paraissent détachés aux deux dernières places, des clubs comme Tottenham Hotspur, Leeds United voire Brighton ou Crystal Palace ne sont que quelques points devant Forest. Pour réussir sa mission, Vitor Pereira pourra s’appuyer sur son expérience. La saison passée, il avait rejoint Wolverhampton dans une position bien plus délicate. Grâce à un bilan de dix victoires et trois nuls en vingt-deux matchs de Premier League (dont une série de six succès consécutifs au printemps), le Portugais de 57 ans était parvenu à décrocher une 16e place au classement. Le tout en terminant avec 17 points d’avance sur le premier relégable.
Comment s’articule la philosophie de jeu de Vitor Pereira ?
Du côté de Wolverhampton la saison passée, Vitor Pereira avait montré son attachement pour un système en 3-4-2-1 presque inamovible. Cette animation caractérisée par un bloc assez bas avait permis aux Wolves de constituer un édifice dense et compact pour neutraliser les offensives adverses. En phase de possession, en revanche, l’ancien coach de l’Olympiakos (l’autre club d’Evangelos Marinakis) aimait voir son équipe user de la verticalité. Pour cela, il s’appuyait principalement sur ses couloirs, animés par Nélson Semedo et Rayan Aït-Nouri, ainsi que sur son chef d’orchestre Matheus Cunha dans le cœur du jeu. De quoi apporter de la vitesse pour combiner et profiter des espaces à disposition.

Un effectif rempli de qualités
Enfin, au-delà de son passif, Vitor Pereira pourra aussi s’appuyer sur un effectif plus qualitatif que celui qu’il avait à disposition la saison passée du côté des Wolves. À Nottingham Forest, il aura sous sa houlette le maître à jouer Morgan Gibbs-White, l’ultra-performant Elliot Anderson, un axe défensif très solide avec Nikola Milenkovic et Murillo, ou encore un séduisant ailier comme Callum Hudson-Odoi. L’effectif des Tricky Trees est rompu aux joutes de la Premier League, sait se battre contre la relégation et est surtout marqué par une énorme profondeur de banc. Sur le papier Vitor Pereira a donc toutes les armes à disposition pour que la mayonnaise prenne comme à Wolverhampton. D’ailleurs, il a parfaitement commencé son aventure avec sa nouvelle équipe en s’imposant 3-0 sur la pelouse de Fenerbahçe en Ligue Europa ce jeudi 19 février. Evangelos Marinakis aurait-il fini par trouver l’homme de la situation ?