Marco Silva a-t-il atteint un niveau plafond avec Fulham ?

Équipe séduisante et installée dans le milieu du tableau en Premier League depuis trois ans, Fulham affiche désormais ses limites. Seulement 15e du championnat cette saison, les Cottagers souffrent d’une campagne de recrutement quasi inexistante et d’un jeu offensif sans éclat. Faut-il s’inquiéter pour les hommes de Marco Silva ?

Marco Silva entraîneur Fulham Premier League
Cette entame d’exercice est la plus difficile que Marco Silva ait connue en Premier League avec Fulham.

Et si le Fulham de Marco Silva était en fin de cycle ? Seulement 15e de Premier League après 12 journées, le club de l’ouest londonien déçoit depuis le coup d’envoi de cet exercice 2025-2026. Les résultats ne corroborent pas les ambitions affichées, comme le prouvent ces six revers déjà enregistrés, tandis que le contenu des rencontres suscite l’interrogation. Les Cottagers ont égaré leur maîtrise collective, l’une de leurs forces par le passé, mais aussi cet allant offensif ô combien cher aux yeux de leur manager portugais. Résultat ? Fulham est devenu une équipe peu entreprenante, dominée, qui ne s’est créée que 20 grosses occasions cette saison en championnat (14e). Pis, les pensionnaires de Craven Cottage n’ont inscrit que 13 buts depuis la reprise au mois d’août. Seuls Leeds United et Wolverhampton font pire jusqu’à présent.

Un retour en Premier League réussi

Un début de campagne à contresens de ce qu’avaient réalisé les coéquipiers d’Harry Wilson depuis leur retour en Premier League. À nouveau promu dans l’élite anglaise en 2022 après quatre saisons à faire l’ascenseur, les Cottagers s’étaient installés comme une bonne équipe du milieu de tableau, voire plus. En trois ans, ils ont enchaîné une 10e place en 2023, puis une 13e et enfin une 11e place. En somme, ils n’ont jamais été concernés par une éventuelle lutte pour le maintien, comptant toujours au minimum 18 points d’avance sur le premier relégable en fin de saison (2022-2023). Mieux, avec une plus grande régularité dans les dernières semaines de compétition, Fulham aurait même pu accrocher une place européenne au printemps dernier.

Raul Jimenez célèbre un but pour Fulham avec Alex Iwobi
Encore la saison passée, Fulham avait réalisé une campagne de qualité, terminant à la 11e place en Premier League.

Deux recrues majeures : Kevin et Chukwueze

Mais les ennuis ont commencé dès cet été. Les semaines s’écoulaient, et non, pas le moindre signe d’une recrue à Craven Cottage. Avant le 1er septembre, soit le dernier jour du mercato estival, seul Benjamin Lecomte avait rejoint le club pour jouer le rôle de doublure dans les cages. Finalement, Fulham a réussi à sécuriser les arrivées de Kevin (40 millions d’euros), de Samuel Chukwueze (en prêt) et de Jonah Kusi-Asare (en prêt payant). C’est simple, avec seulement 44,5 M€ investis, le club présidé par l’homme d’affaires pakistano-américain Shahid Khan figure au 19e rang en termes de dépenses cet été. Seul Aston Villa s’est contenté de moins. Mais cette absence de renouvellement dans l’effectif signifie une chose : Fulham a aujourd’hui l’équipe la plus vieille de Premier League, avec une moyenne d’âge de 27,4 ans. Vous avez dit fin de cycle ?

Des résultats ambivalents

Sauf qu’en Angleterre, si un club ne se renforce pas à l’intersaison, aussi bon soit-il, il finit toujours par stagner. Et plutôt que de regarder vers l’avant avec ambition, il devient contraint de jeter des coups d’œil dans son dos. Car la concurrence se renforce, et ça, Fulham le comprend bien cette saison. C’est pourquoi les Cottagers tentent de transformer leur stade en une véritable forteresse dans le but de prendre un maximum de points. Car à l’extérieur, leur bilan est proche du néant : un nul et cinq défaites. Mais dans leur antre, ils sont venus à bout d’adversaires englués en seconde partie de tableau, ainsi que des promus, à l’image de ces succès contre Leeds United (1-0), Brentford (3-1), Wolverhampton (3-0) et Sunderland (1-0).

Des limites dans l’animation de jeu

Le souci, c’est que sur le pré, cette équipe ne convainc pas. Malgré le beau succès contre les Wolves, Fulham manque d’une performance référence sur laquelle s’appuyer cette saison. Les partitions des hommes de Marco Silva sont fades, jalonnées par une certaine stérilité lors des phases de possession, comme dépourvus de coups d’éclats. Pourtant, depuis leur promotion, leurs rencontres étaient marquées par une verticalité dans le jeu, la recherche constante du but adverse et des circuits de passes travaillés entre les joueurs. Oui, Fulham était une équipe plaisante à voir évoluer. Mais depuis le mois d’août, son unique lueur d’espoir s’appelle Kevin. L’ailier brésilien arrivé du Shakhtar Donetsk séduit par ses dribbles, sa folie et sa volonté de créer du danger. De bons automatismes ont été créés avec son latéral gauche, Ryan Sessegnon, qui lui retrouve un niveau de jeu très intéressant depuis la reprise. Mais ils sont trop seuls : Harry Wilson reste irrégulier à droite, Josh King ne semble pas encore avoir les épaules d’un titulaire et Emile Smith-Rowe court désespérément après son meilleur niveau. Comme évoqué précédemment, cette équipe marque peu, et déplore l’absence d’un avant-centre létal : Raul Jiménez n’est plus au pic de sa forme (2 buts) et Rodrigo Muniz enchaîne les blessures (1 but).

Alex Iwobi milieu de Fulham Premier League
Les Cottagers manquent de créativité cette saison, n’apportant que trop peu de danger sur le but adverse jusqu’ici.

Une défense plutôt cohérente

Seul point positif : l’organisation défensive. Fulham détient à ce jour la 10e meilleure défense de Premier League, avec 16 buts encaissés. C’est mieux que des équipes de première moitié de tableau, comme Bournemouth ou Manchester United. À domicile, les Cottagers disposent même de la 2e meilleure défense du Royaume, avec trois petites réalisations concédées. Moins à l’aise dans le jeu offensif, les hommes de Marco Silva ont au moins mis en place une animation cohérente sans le ballon, portée par la capacité de ses joueurs à s’imposer dans les duels. La dernière ligne, composée de Kenny Tete, Joachim Andersen, Calvin Bassey et Ryan Sessegnon est robuste, se complète par ses profils et se connaît bien. Résultat ? Fulham est la 5e équipe qui concède le moins de tirs cette saison en Premier League (125 unités). Mieux, cette formation peut toujours compter sur un Bernd Leno en forme, puisque le gardien totalise 72 % d’arrêts jusqu’ici.

Vers une lutte pour le maintien ?

Pour autant, est-ce que ces arguments suffiront ? Avec 14 points au compteur, Fulham ne détient que trois unités d’avance sur le premier relégable, Leeds United. De plus, une fois n’est pas coutume, les promus paraissent affamés cette saison et le championnat très homogène en bas du classement. D’autres clubs aguerris à la Premier League souffrent depuis le mois d’août, à l’image de West Ham, Nottingham Forest, et évidemment Wolverhampton. Plus qu’agacé par l’inactivité de sa direction sur le marché des transferts cet été, Marco Silva doit maintenant se résigner : ce n’est probablement pas cette année qu’il surpassera cette 10e place en championnat, acquise en 2023. L’objectif est tout autre, puisqu’il doit assurer le maintien des Cottagers dans l’élite pour une cinquième campagne consécutive. Avant de tirer sa révérence ? En fin de contrat en juin 2026, le coach portugais se sait très convoité et pourrait décider de prendre la tangente une fois sa mission réussie. Cet exercice 2025-2026 aurait-il des allures de dernière danse pour lui à Londres ? Si c’est le cas, attention à ne pas trébucher et gâcher la fête.