Manchester City suscite à nouveau la crainte. Suite à l’échec de la saison 2024-2025, Pep Guardiola a redoublé d’efforts pour revisiter et parfaire son animation tactique. Grand bien lui en a pris. Porté par un milieu de haut niveau, un Erling Haaland inarrêtable et une défense retrouvée, le manager espagnol a replacé les Skyblues à la 2e place en Premier League.

Il ne faut jamais enterrer Manchester City. Après une saison 2024-2025 laborieuse, conclue à une inhabituelle 3e place en Premier League, les Skyblues sont bel et bien de retour sur le devant de la scène. Discrètement, sans accaparer les regards, le décuple champion d’Angleterre s’est hissé jusqu’à la position de dauphin du leader Arsenal en championnat. Après 11 journées disputées, les Cityzens ne comptent que quatre points de retard sur les solides Gunners de Mikel Arteta. Mieux, ils se sont déjà offerts quelques très belles performances contre des grosses cylindrées, à l’image de ces victoires 3-0 contre Manchester United et Liverpool. De quoi réaffirmer les ambitions du club. « Personne ne gagne le titre au début du mois de novembre. Vous pouvez le perdre, mais personne ne peut le remporter. Tout ce que nous devons faire, c’est gagner nos matchs et nous rapprocher d’Arsenal » rapportait la semaine passée Pep Guardiola, le manager de l’équipe.
Des changements d’hommes dans le onze
Et c’est totalement ce que fait Manchester City. Après quelques accrocs en début d’exercice, notamment contre Tottenham Hotspur (0-2) et sur la pelouse de Brighton (2-1), les pensionnaires de l’Etihad Stadium ont trouvé la formule pour enchaîner les résultats positifs. Pour cela, Pep Guardiola a une nouvelle fois dû faire preuve d’ingéniosité tactique pour arriver à ses fins. Concrètement, il a profité des départs de plusieurs historiques, comme Kevin De Bruyne, Ilkay Gündogan, Manuel Akanji, voire Jack Grealish pour réorganiser son équipe et affiner sa philosophie de jeu. Dans le onze de départ, Josko Gvardiol a définitivement coulissé dans la défense centrale, formant une charnière plus que robuste avec Ruben Dias. De quoi permettre à Nico O’Reilly de s’octroyer le poste de latéral gauche, profitant aussi de la blessure de Rayan Aït-Nouri. Mais la révolution la plus importante, c’est celle du milieu de terrain. Guardiola a décidé ces dernières semaines de s’appuyer sur un entrejeu ultra technique et créatif, avec le trio Bernardo Silva, Phil Foden et Rayan Cherki, soutenu par un efficace Nico Gonzalez. Un choix payant.

Le retour au premier plan de Phil Foden
Au sein de l’animation revisitée du coach espagnol, plusieurs joueurs brillent. C’est le cas par exemple de Phil Foden. L’anglais de 25 ans se rapproche à nouveau cette saison de son niveau de jeu qui lui avait valu le titre de meilleur joueur de Premier League en 2023-2024. Assez libre sur le front de l’attaque (bien que majoritairement dans l’axe), à l’aise dans les décrochages, il dispose entre ses pieds de la baguette magique pour faire les différences offensivement dans le collectif de City. Après une campagne délicate sur le plan personnel, marquée par une dépression, il est à nouveau l’un des joueurs du championnat qui porte le plus le ballon vers l’avant et qui réalise le plus de passes progressives. Il crée en moyenne 2,6 occasions de but par match cette saison (0,4 de plus qu’en 2024-2025), réussit 60 % de ses dribbles (37,8 % l’an passé), remporte plus de duels et se montre plus précis dans ses passes. S’il n’a encore qu’une passe décisive (et un but) au compteur, il se démarque par sa justesse dans l’avant-dernière transmission. Contre Everton en octobre, c’est lui qui est à l’origine des deux buts de son équipe en étant l’homme de l’avant-dernière passe, ouvrant sublimement le jeu pour ses coéquipiers.

La base du système : le milieu
Mais il faut dire que si ce milieu performe aussi bien à Manchester City, c’est également parce que Phil Foden est très bien entouré. De retour de blessure, l’ex-Lyonnais Rayan Cherki impressionne. Toujours disponible, que ce soit à la construction ou entre les lignes, il n’hésite pas à prendre le jeu à son compte avec une facilité déjà déconcertante. Le prodige de 22 ans a même créé d’importants automatismes avec ses nouveaux partenaires, comme Erling Haaland, pour qui il a déjà délivré deux passes décisives. Notons aussi le retour au premier plan de Bernardo Silva. En perte de vitesse depuis deux saisons, le Portugais a été replacé devant la défense comme première rampe de lancement du jeu de City. Un rôle qui lui permet de gérer le tempo de son équipe et de sortir les ballons très proprement. À ses côtés, Nico Gonzalez rayonne dans un rôle « à la Rodri », permettant d’assurer un équilibre bienvenu sur le pré. Enfin, Tijjani Reijnders est aussi à créditer de débuts prometteurs, mais doit encore prendre du galon. À lui de monter en puissance pour retrouver une place de titulaire.

Un changement de philosophie pour Guardiola
Si le milieu des Skyblues est aussi compétitif cette saison et s’affiche à ce point comme le moteur de l’équipe, c’est aussi grâce aux modifications tactiques opérées par Pep Guardiola. Dans les faits, l’ancien technicien du FC Barcelone a fait reculer son équipe d’un cran sur le pré depuis le mois d’août. L’objectif ? Sortir de leur domination si stérile de l’an dernier, mieux contrôler les matchs dans les deux surfaces et surtout plus miser sur les transitions rapides. C’est simple, City n’affiche plus que 56,5 % de possession de balle en moyenne cette saison (- 4,8 points par rapport à 2024-2025). Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à totalement subir le jeu contre Arsenal (33 % de possession), mais aussi à laisser le contrôle du cuir à Manchester United (45 % de possession pour City), Liverpool (48 %) ou encore Bournemouth (48 %). Un scénario inimaginable il y a encore quelques mois, mais qui permet aux Cityzens de piquer leurs adversaires en attaques rapides. C’est là que la justesse des partitions de ce milieu de terrain entre en jeu, avec des sorties de balle maîtrisées à la perfection, très utiles en transitions, pour ensuite servir les flèches Erling Haaland et Jérémy Doku. Mais ces Foden, Bernardo Silva et Cherki s’avèrent aussi drôlement utiles pour désorganiser des blocs regroupés lors des attaques placées. Oui, Manchester aime toujours avoir le ballon. Mais l’ambition cette saison est d’apporter plus de verticalité, même dans ces phases de domination, pour être plus vite dangereux.

Un Erling Haaland inarrêtable
Évidemment, un autre élément est à prendre en compte dans la bonne entame de campagne des champions d’Angleterre 2024 : c’est la forme d’Erling Haaland. Le Norvégien est irrésistible jusqu’ici. Il en est déjà à 19 buts avec Manchester City toutes compétitions confondues (en 15 matchs), dont 14 en Premier League. Et ce n’est même pas son record à ce stade de la compétition. Mais aucun doute possible, l’avant-centre de 25 ans s’épanouit dans le nouveau système de Guardiola. Lorsque son équipe récupère le ballon, il multiplie les appels en profondeur, misant sur sa vitesse et sa puissance pour faire la différence. Jamais hors-jeu, il se montre toujours très efficace en face à face avec les gardiens adverses. Ces situations, pour la première fois aussi fréquentes, ont pu être transformées par des réalisations contre Arsenal, Bournemouth, Manchester United ou Brentford.
Une défense retrouvée
Enfin, un autre aspect du jeu sur lequel City s’est transformé, c’est dans sa capacité à bien défendre collectivement. Le bloc des Skyblues est parfaitement animé entre gestion des espaces, pressing et agressivité sur le porteur du ballon ou dans les duels. La stabilité de la charnière centrale rassure, tout comme les prouesses de Gianluigi Donnarumma dans les cages. Bref, c’est toute une équipe qui a pris confiance sur cet aspect du jeu. Un boost quand on sait désormais que Pep Guardiola demande à son équipe de laisser par moment le contrôle de la possession et de se replier dans sa moitié de terrain. Mais des prestations efficientes ont récompensé cet effectif. Manchester City n’a encaissé que 8 buts cette saison en Premier League (2e défense), et réalisé 5 clean sheets (2e). Pour rappel, à pareille époque l’an dernier, le club avait déjà concédé 13 buts en championnat et effectué seulement 2 clean sheets. Une progression remarquable, à la fois bienvenue et totalement optimisée.

La métamorphose de Matheus Nunes
Si Manchester City est redevenu si solide défensivement, c’est aussi en grande partie dû à la montée en puissance de Matheus Nunes. Utilisé comme latéral droit par Pep Guardiola depuis maintenant plus d’un an, le milieu de formation s’est enfin approprié son poste. Fébrile et hésitant la saison passée, le Portugais est aujourd’hui un vrai atout, multipliant les duels gagnés, les récupérations, les interceptions et les dégagements. Il s’est aussi immiscé comme une solution convaincante en phase de possession, créant de vrais automatismes avec ses partenaires dans la construction et dans l’animation du jeu. Bref, un début de saison de haute facture qui lui a permis de s’affirmer dans l’effectif.
Une fin d’année 2025 à réussir
Autant d’arguments qui érigent Manchester City comme une véritable menace dans la course au titre. D’autant plus que les coéquipiers de Bernardo Silva pourront bénéficier d’un calendrier abordable (sur le papier) jusqu’à la fin d’année 2025. S’ils se déplaceront sur la pelouse de Newcastle au retour de la trêve internationale (le 22/11), ils enchaîneront ensuite avec des oppositions contre Leeds (29/11), Fulham (02/12), Sunderland (06/12), Crystal Palace (14/12), West Ham (20/12) et Nottingham Forest (27/12). Rien de gagné d’avance, mais des rencontres que les Skyblues doivent optimiser pour concurrencer Arsenal. Oui, Manchester City est bien de retour. Pourront-ils aller chercher leur neuvième titre de champion d’Angleterre en 14 ans ? Premiers éléments de réponse dès les prochaines semaines.