Il ne fait pas bon d’être un promu en Premier League par les temps qui courent. Oui, ces deux dernières saisons, pas un seul promu n’a réussi la performance de se maintenir dans l’élite du football britannique. Tous ont directement retrouvé le Championship. Alors, pour cette campagne 2025-2026, Leeds, Burnley et Sunderland pourront-ils inverser la tendance ?

Et si, cette fois, c’était la bonne ? Et si Leeds, Burnley et Sunderland parvenaient enfin à enrayer la malédiction qui frappe les clubs promus en Premier League depuis deux ans ? Que ce soit en 2023-2024 (Luton, Burnley et Sheffield United) ou en 2024-2025 (Leicester, Ipswich et Southampton), les trois équipes reléguées de l’élite anglaise ont à chaque fois été celles qui venaient de monter. Plus inquiétant encore, sur ces deux derniers exercices, aucun de ces clubs n’a vraiment semblé en mesure de décrocher sportivement son maintien au sein du meilleur championnat du monde. La preuve, Luton est celui qui a obtenu le plus de points, culminant à un maigre total de 26 unités récoltées. Pas de quoi bousculer la hiérarchie établie. Pour rappel, depuis le passage de la Premier League à 20 équipes en 1995, ce sont en moyenne 35,6 points qui sont nécessaires pour éviter de tomber en Championship. Sur cette même période, le nombre de points moyen du 17e du championnat est de 38 points.
Des investissements massifs sur le marché des transferts
Mais alors que les clubs installés en Premier League continuent de devenir de plus en plus puissants, boostés par des revenus commerciaux et des droits TV pharaoniques, pourquoi cette dynamique changerait-elle cette saison ? Déjà, parce que les trois promus de notre classe 2025-2026 se sont donné les moyens de leurs ambitions. En d’autres termes, ils ont sorti le portefeuille. Sunderland a investi cet été 187,9 millions d’euros pour le recrutement de nouveaux joueurs, Burnley 128,65 M€ et Leeds 113,7 M€. Des sommes supérieures à celles dépensées par la majorité des nouveaux venus dans l’élite ces dernières années, mis à part Ipswich l’an passé (126,49 M€) et Nottingham Forest en 2022 (165,05 M€). C’est aussi plus que ce qu’ont consenti cet été certains clubs installés dans cette première division, comme Brentford (98,7 M€), Brighton (80 M€), Crystal Palace (55,3 M€), Fulham (44,5 M€) et Aston Villa (30,5 M€). Bien sûr, l’argent ne leur offrira pas le maintien sur un plateau. Mais ces chèques vertigineux leur accordent assurément un certain coup de pouce pour rester en Premier League.

Des effectifs calibrés pour la Premier League
Car aujourd’hui, les trois promus disposent d’effectifs cohérents et qualitatifs pour se donner une chance de survie. Tout d’abord, ils ont recruté des joueurs dotés d’une certaine expérience de la Premier League. Quand Sunderland a foncé sur Granit Xhaka, Simon Adingra et Arthur Masuaku, Leeds s’est attaché les services de Sean Longstaff, Dominic Calvert-Lewin et James Justin, tandis que Burnley a fait venir Kyle Walker, Martin Dubravka ou Armando Broja. Parallèlement, ils ont fait signer des joueurs prometteurs ou pour certains déjà performants à l’étranger. Par exemple, les Black Cats ont flairé les bons coups avec les arrivées de Reinildo, Nordi Mukiele et Chemsdine Talbi. De leur côté, les Peacocks se sont attachés les services de Lucas Perri, Noah Okafor et Anton Stach. Enfin, les Clarets ont officialisé la venue sous forme de prêt du très coté Florentino Luis. Notons qu’en plus de ces recrues, chacun des trois clubs a fait le choix de s’appuyer sur ses cadres de la saison passée en Championship, ainsi que de conserver son manager. La preuve aussi d’une certaine stabilité.

Une concurrence en perte de vitesse
Si Leeds, Burnley et Sunderland se sont renforcés pour se préparer pour cette nouvelle campagne, ils pourraient également profiter de la stagnation de certains concurrents. Effectivement, cet été, plusieurs clubs de Premier League ont semblé en difficulté stratégiquement ou sur le marché des transferts. C’est le cas, par exemple, de Wolverhampton. Les Wolves ont été dépouillés de leurs stars et leur président Jeff Shi refuse pour le moment d’investir sur des joueurs confirmés pour les remplacer. Autre club pillé : Brentford. Les Londoniens ont perdu leur manager Thomas Frank, mais aussi l’ensemble de leur colonne vertébrale sur le terrain. Autant dire que les Bees font face à un vrai chantier cette saison, mené qui plus est par un novice sur le banc en la personne de Keith Andrews. D’un autre côté, West Ham fait du surplace sportivement, sans que la direction prise par l’état-major du club ne convainc réellement. D’ailleurs, leurs propres supporters s’en sont plaints dans une lettre ouverte à la fin du mois d’août. Notons également le recrutement léger de Fulham, qui a eu le don d’agacer son entraîneur Marco Silva.
Des débuts de saison réussis
Mais la seule vérité qui importe, c’est celle du terrain. Et après cinq journées de Premier League disputées, force est de constater que les trois promus ne sont pas là pour faire de la figuration. C’est simple, aucun d’entre eux n’est pour le moment installé dans la zone de relégation. Mieux, avec huit points au compteur, Sunderland se classe à la 7e place du championnat. Poussés par le fervent public de leur Stadium of Light, les hommes du Français Régis Le Bris laissent transparaître certaines promesses pour prendre le jeu à leur compte, tout en faisant preuve de combativité et de résurgence sur le pré. Un état d’esprit qui leur a permis à trois reprises de chercher des points (voire de s’imposer) en seconde période. Mais les Black Cats ont une défaite au compteur, concédée contre… Burnley. L’unique victoire des Clarets, qui flottent à la 16e position avec quatre points dans l’escarcelle. Une belle réussite à la vue de leur calendrier difficile (ils ont déjà affronté Tottenham, Manchester United et Liverpool), qui les a contraints jusqu’ici à ériger une robuste base défensive.

Une cadence à maintenir jusqu’en mai
Enfin, Leeds United est pour le moment en milieu du tableau, au 12e rang, avec sept points engrangés. Certes balayés par Arsenal (5-0), ils peuvent toujours compter sur leur hostile forteresse d’Elland Road pour arracher des points à domicile, tout en se montrant généreux et appliqués en déplacement. Mais pour ces trois promus, il faudra maintenant confirmer ces débuts positifs tout au long de cette rude saison. Au-delà d’exploits sensationnels face aux grosses cylindrées du championnat, l’objectif pour ces clubs sera de sortir gagnant des confrontations directes : que ce soit à la fois ces matchs entre promus, mais aussi avec les autres concurrents de cette lutte pour le maintien. Car oui, la Premier League s’est homogénéisée cette saison en seconde partie de tableau et le combat sera âpre. Reste à voir si des promus de cet exercice 2025-2026 survivront, ou si, au contraire, tous retrouveront le Championship en fin de saison pour la troisième année consécutive.