Fabian Hürzeler, le jeune manager qui impose ses idées tactiques avec brio à Brighton & Hove Albion

Cela fait désormais deux ans que Fabian Hürzeler s’est installé sur le banc de Brighton & Hove Albion. Auréolé de l’étiquette de plus jeune manager de l’histoire de la Premier League, l’Allemand de 33 ans a séduit tout le monde grâce à ses résultats et son approche tactique. Mais quelle est exactement sa philosophie de jeu ?

Fabian Hürzeler est le manager de Brighton & Hove Albion depuis l'été 2024
Fabian Hürzeler sort de deux saisons séduisantes sur le banc de Brighton & Hove Albion.

Discrètement, Brighton & Hove Albion poursuit son ascension en Premier League. À l’occasion de leur neuvième exercice consécutif dans l’élite anglaise (un record pour eux), les Seagulls sont parvenus à décrocher une belle 8e place au classement. Une position synonyme de qualification pour la prochaine campagne de Ligue Conférence. Mieux, c’est la quatrième fois lors des cinq dernières saisons que le club présidé par Tony Bloom termine en première partie de tableau. Un vrai gage de stabilité pour cette formation qui évoluait encore en League One il y a quinze ans. Si des managers comme Chris Hughton, Graham Potter et Roberto De Zerbi ont eu une importance prépondérante dans l’histoire récente du club, c’est aujourd’hui Fabian Hürzeler qui entretient la dynamique positive de Brighton.

Des résultats convaincants

Présent sur le banc des Seagulls depuis l’été 2024, l’Allemand né aux États-Unis est une sorte d’ovni dans le monde du football. Il y a deux ans, il est devenu le plus jeune entraîneur permanent de l’histoire de la Premier League, à seulement 31 ans. Un statut auquel il a répondu au travers de ses résultats : deux huitièmes places avec Brighton en Premier League, et un bilan de 38 victoires, 24 nuls et seulement 26 défaites à la tête de la formation britannique. Surtout, il impressionne outre-Manche par son approche tactique courageuse et moderne. À Brighton, Fabian Hürzeler aligne majoritairement son équipe dans un système en 4-2-3-1. Il base son animation sur un football de possession, articulé autour d’un jeu de position calculé et une construction progressive des actions. Dans ce cadre, chaque joueur occupe un rôle précis lorsque les Seagulls ont le ballon. Les ailiers ont pour mission d’écarter au maximum en mordant la ligne ; les latéraux rentrent dans le demi-espace pour apporter une solution par leurs appels (Ferdi Kadioglu) ou en se démarquant simplement (Mats Wieffer) ; un milieu prend le poste de sentinelle, tandis que deux éléments à vocation plus offensive se chargent de trouver la faille dans l’entrejeu. Ainsi, le schéma se transforme souvent en 4-3-3.

Fabian Hürzeler donne ses consignes lors d'un match de Premier League de Brighton & Hove Albion
Les qualités tactiques de Fabian Hürzeler impressionnent l’ensemble de la Premier League.

La notion de bloc équipe

Mais cette équipe compte plusieurs qualités. La première, c’est sa capacité à conserver sa compacité collective sur le pré. Il en découle une proximité importante entre les joueurs sur les phases de possession. Cela s’explique par les positions figées de certains éléments, mais aussi par les déplacements des latéraux ou des milieux de terrain. En clair, Fabian Hürzeler souhaite qu’une solution soit toujours disponible à quelques mètres du porteur de balle. Résultat ? Cette philosophie de jeu et la qualité technique de cet effectif permettent à Brighton de cumuler 54,1 % de possession en 2025-2026 (5e de PL) et 18 128 passes tentées (4e de PL). Mais cette approche collective porte aussi ses fruits défensivement. En effet, les hommes de Fabian Hürzeler se sont imposés comme les rois du pressing. Brighton & Hove Albion est la formation qui laisse son adversaire réaliser le moins de passes (10 unités) avant d’effectuer une action défensive. C’est aussi la deuxième équipe du Royaume qui génère le plus de high turnovers (332 unités), qui sont des récupérations de balle très hautes grâce au pressing. Enfin, le club du Sussex de l’Est est celui qui remporte le plus de possessions dans le dernier tiers adverse, avec une moyenne de 5,1 par match.

Une progression dans le secteur défensif

Si Fabian Hürzeler a toujours inculqué cette notion de pressing à son vestiaire, son efficacité en fait désormais un atout central. D’autant plus qu’il est couplé à un bloc défensif compact et performant. Lorsque les Seagulls sont dominés par leur adversaire, ils se regroupent dans une position basse aux lignes resserrées, oscillant entre un système en 4-5-1 et en 4-4-2. Porté par plusieurs individualités telles que Lewis Dunk, Jan Paul van Hecke (qui vient de rejoindre Tottenham Hotspur) ou Carlos Baleba, Brighton & Hove Albion s’est affirmé comme l’une des meilleures équipes du championnat en termes de tacles réussis (676 unités, 6e), de récupérations (1 854 unités, 5e) et de duels aériens remportés (50,8 %, 7e). À cela, il faut ajouter la superbe campagne réalisée par Bart Verbruggen dans les cages, lui qui cumule 106 arrêts effectués (5e). Sur les coups de pied arrêtés, Brighton & Hove Albion se démarque également : c’est l’équipe qui a concédé le moins de buts sur ces phases de jeu (7 unités). Bref, une fois n’est pas coutume, les Seagulls terminent la saison avec la 3e meilleure défense du championnat, avec seulement 46 buts concédés. C’est 13 réalisations encaissées de moins que l’an passé et le deuxième meilleur bilan du club dans son histoire en Premier League.

Jan Paul van Hecke à la relance avec Brighton & Hove Albion en Premier League
Jan Paul van Hecke s’est imposé dans l’équipe de Fabian Hürzeler grâce à sa solidité défensive et sa justesse dans la relance.

Quels circuits offensifs ?

Offensivement, Brighton s’est érigé comme une équipe dominante. Cela se confirme par cette tendance à accaparer le ballon, mais aussi à s’installer dans la moitié de terrain adverse. Les pensionnaires de l’American Express Stadium sont même la 8e équipe de l’élite à avoir tenté le plus de passes dans le dernier tiers adverse cette saison (4 770 unités). En possession, Fabian Hürzeler préfère dicter un tempo maîtrisé et posé, plutôt que miser sur une intensité approximative et infructueuse. Dans son système, Pascal Gross occupe une fonction pivot. Le milieu allemand, revenu en janvier dernier après une pige d’un an et demi au Borussia Dortmund, détient les clés de cette animation, occupant un rôle de chef d’orchestre et de quarterback. Tous les ballons passent par lui. Sa capacité à les bonifier est mise en avant par les 3 passes décisives qu’il a délivrées et les 39 occasions qu’il a créées en seulement cinq mois. Notons aussi l’appétence de Brighton à utiliser ses couloirs, porté par la qualité de ses ailiers Kaoru Mitoma et Yankuba Minteh. Deux joueurs qui savent faire des différences, soutenus par l’apport offensif du latéral turc Ferdi Kadioglu. Une fois leur vis-à-vis éliminé, ces joueurs n’hésitent pas à centrer. Le club du sud de l’Angleterre rayonne dans ce domaine, avec 526 centres vers la surface (4e), pour 24,9 % de réussite (3e).

Jack Hinshelwood célèbre en montrant le logo du club de Brighton & Hove Albion
Jack Hinshelwood a occupé un rôle majeur en seconde partie de saison à Brighton & Hove Albion. À un poste de milieu hybride, il était à la fois disponible à la construction dans l’entrejeu et présent en soutien de l’avant-centre.

Des axes de travail

Cependant, quelques lacunes ont été relevées au cours de cet exercice. Tout d’abord, Brighton & Hove Albion a fait état de certains manques au niveau de la créativité. Plusieurs fois, les Seagulls ont conservé le cuir de manière stérile, sans parvenir à déséquilibrer le bloc adverse. La preuve, ils ne se sont procurés que 88 occasions de but (11e). Un ratio trop faible lorsque l’on sait par exemple que c’était la quatrième équipe qui a touché le plus de ballons dans la surface adverse (1 074 unités). Autant dire que les possibilités de se trouver dans la zone de vérité existaient, mais qu’elles ont été mal exploitées. L’autre problème, c’est cette sous-performance devant la cage. Brighton n’a inscrit que 52 buts (10e), quand ses expected goals s’élèvent à 57,9. Cette différence entre les buts marqués et les buts attendus est l’une des plus élevées du Royaume. Si le club a cadré 35,5 % de ses tirs, il a souffert de son manque de tranchant dans le dernier geste. Mis à part Danny Welbeck et ses 13 réalisations, aucun joueur de l’effectif n’a dépassé la barre des 5 buts en Premier League.

« Je suis fier de ce que nous avons accompli jusqu’ici et encore plus enthousiaste à l’idée de ce qui nous attend. »

Fabian Hürzeler, manager de Brighton & Hove Albion

Si une marge de progression existe toujours, le travail accompli depuis deux ans sous la houlette de Fabian Hürzeler incite évidemment à l’optimisme. Brighton & Hove Albion est une équipe séduisante, dont le modèle fait loucher la concurrence. Le manager de 33 ans avait même plusieurs courtisans cet été, à l’image du Bayer Leverkusen. Mais l’ex-coach de St. Pauli est parti pour s’installer dans la durée chez les Seagulls. Début mai, il a prolongé son contrat avec le club jusqu’en juin 2029. « Depuis le début, nous avons toujours eu pour priorité de forger une identité, de développer l’équipe, de bousculer les conventions et de relever nos exigences au quotidien. Je suis fier de ce que nous avons accompli jusqu’ici et encore plus enthousiaste à l’idée de ce qui nous attend », a-t-il déclaré auprès des médias officiels du club. Vingt-quatre mois après son arrivée, Fabian Hürzeler se prépare à vivre sa saison la plus alléchante à Brighton. Au programme : une première campagne européenne et une position à stabiliser davantage en Premier League.