Au sein d’une Premier League toujours plus compétitive et concurrentielle, Arsenal semble avoir un sérieux mot à dire dans la course au titre cette saison. Dopés par un mercato rondement mené et par une continuité tactique bienvenue, les Gunners pourraient enfin remporter leur première couronne nationale depuis 2004.

Et si c’était enfin l’année d’Arsenal ? Cantonnés à la deuxième place en Premier League depuis trois saisons, les Gunners paraissent cette fois prêts à triompher au terme de cet exercice 2025-2026. Leaders du classement après sept journées, les Londoniens font partie des grands favoris pour décrocher la couronne nationale, à la lutte avec Liverpool et Manchester City. Et ça tombe bien, Mikel Arteta ne vise rien d’autre que le sacre. « Il faut continuer à creuser, creuser, creuser, parce qu’un jour, l’or sera là » assurait le coach espagnol au début du mois d’août. Sauf que l’or, cela fait plus de deux décennies qu’Arsenal l’attend. Le dernier titre du club en championnat remonte à 2004 et l’historique campagne des Invincibles d’Arsène Wenger. Mais depuis, plus rien. D’ailleurs, les Gunners n’ont soulevé que trois fois le trophée de la Premier League dans sa version moderne (depuis 1992). C’est moins que chacun des clubs de Manchester, mais aussi que Chelsea.
Presque 300 M€ investis cet été
Mais aujourd’hui, Arsenal est plus proche que jamais de décrocher à nouveau le Graal. Après ces dernières saisons abouties mais infructueuses, marquées par un échec de deux points seulement en 2024, le club a décidé de sortir les grands moyens pour assouvir son ambition. En d’autres termes, il a dépoussiéré le portefeuille. Car oui, il fallait ajuster un effectif qui manquait cruellement de profondeur de banc, mais aussi d’un avant-centre létal. C’est pourquoi la direction sportive, menée par Andrea Berta, a dépensé cet été la coquette somme de 293,5 millions d’euros sur le marché des transferts. C’est le troisième plus gros montant investi dans le Royaume, juste après Liverpool et Chelsea. Sans perdre le moindre cadre de l’équipe, Arsenal a fêté les arrivées de Martin Zubimendi (70 M€), Eberechi Eze (69,3 M€), Viktor Gyökeres (65,8 M€), Noni Madueke (56 M€) Cristhian Mosquera (15 M€), Christian Norgaard (11,6 M€), Kepa Arrizabalaga (5,8 M€) et de Piero Hincapié (prêt). Un casting XXL qui permet à Mikel Arteta de bénéficier de l’un des meilleurs effectifs outre-Manche.

Une pléthore de cadres sur lesquels compter
Il faut dire que cette équipe figurait déjà parmi les plus compétitives qui soient. Au-delà de ces nouveaux venus, Arsenal pouvait s’appuyer sur une assise défensive des plus solides. C’est simple, cela fait deux saisons consécutives que les Gunners terminent avec la meilleure défense de Premier League. En grande forme, David Raya sort d’un exercice de très haute facture, ponctué de 13 clean sheets (numéro un en PL). Il faut dire qu’il a aussi été bien aidé par la robuste charnière centrale composée de William Saliba et de Gabriel Magalhaes, mais aussi par l’explosion de Jurriën Timber à droite. Au milieu, le manager espagnol peut toujours compter sur le stakhanoviste Declan Rice, mais aussi sur son capitaine Martin Odegaard, véritable organisateur du jeu quand il n’est pas blessé. Enfin, plus besoin de présenter Bukayo Saka, l’enfant du club, aujourd’hui star de l’équipe. Il est, à n’en pas douter, l’un des meilleurs joueurs du championnat.
Eberechi Eze propulsé sur le devant de la scène ?
Encore discret depuis son arrivée estivale, Eberechi Eze prend doucement ses marques avec son nouveau club. Mais l’ancien de Crystal Palace pourrait vite avoir plus de responsabilités. L’international anglais, déjà titulaire lors des deux dernières rencontres de Premier League, pourrait enchaîner dans le onze de départ pour compenser la nouvelle blessure de Martin Odegaard. Touché au genou, le capitaine norvégien sera absent un mois. C’est déjà la troisième blessure du joueur de 26 ans cette saison. De quoi donner l’opportunité à Eberechi Eze de briller ces prochaines semaines.
Une animation tactique guardiolesque
Mais l’un des gros points forts de la formation du nord de Londres, c’est la continuité tactique dont elle dispose. Mikel Arteta entame sa sixième saison complète sur le banc de l’Emirates Stadium, soit la deuxième longévité la plus importante actuellement en Premier League, juste derrière son mentor Pep Guardiola. Autant dire que son équipe joue à son image. Il a transformé Arsenal en une équipe de possession (57,6 % de moyenne cette saison), qui use de sa domination pour faire craquer l’adversaire. Dans le 3-2-4-1 déployé en phases offensives, les petites passes se multiplient, tout comme les déplacements et les combinaisons aux quatre coins du terrain. L’objectif est toujours de chercher la solution collectivement, en prenant son temps, quitte à parfois manquer de spontanéité voire de verticalité. Mais Arsenal a ajouté une goutte de pragmatisme cette saison offensivement. Les Gunners tirent plus, centrent plus et sont plus efficaces. Parmi les recrues, Viktor Gyökeres a immédiatement pris la place de titulaire en pointe. Malgré une adaptation tactique et technique à parfaire, il a déjà trouvé le chemin des filets à trois reprises. Autre nouvelle tête devenue inamovible : Martin Zubimendi. L’ex de la Real Sociedad s’est idéalement intégré dans le cœur de l’animation, illuminant le jeu par sa justesse dans les transmissions. Un joueur presque conçu pour Arteta.

Arsenal et les coups de pied arrêtés
Si les recrues font du bien, surtout que les postes sont maintenant doublés, Arsenal a toujours ses spécialités. En premier lieu ? Les coups de pied arrêtés. C’est simple, ils sont les meilleurs en Europe dans le domaine. La preuve, les Gunners ont déjà marqué à six reprises cette saison sur corner. Énorme. Une réussite due au travail et à l’ingéniosité de l’adjoint d’Arteta, Nicolas Jover. Mais Arsenal brille toujours de mille feux défensivement. Une fois de plus, ils ont pour le moment la meilleure défense de l’élite anglaise, avec seulement trois buts encaissés. Leur édifice s’avère toujours aussi difficile à prendre à revers d’autant que tout le monde participe à cette activité sans ballon. Les hommes d’Arteta savent quand presser haut collectivement, quand sortir sur le porteur du ballon, mais aussi quand se replier en bloc bas. Deux mots d’ordre : agressivité et intensité.
Une concurrence en difficultés ?
Une partition qui permet pour le moment à Arsenal de siéger en tête de la Premier League. Pourtant, leur calendrier n’avait rien d’une agréable balade de campagne. L’ex-club d’Arsène Wenger a déjà dû se défaire de Manchester United (0-1) et de Newcastle (1-2) mais aussi lutter pour ne pas être battu par Manchester City (1-1). Finalement, seul Liverpool a pour le moment réussi à le faire tomber (1-0). Un parcours qui offre jusqu’ici 16 points aux Gunners, soit un de plus que Liverpool (2e), trois de plus que Manchester City (5e) et déjà cinq de plus que Chelsea (7e). Car c’est aussi l’un des arguments qui plaide en faveur d’Arsenal : la concurrence semble encore en rodage, voire inférieure. Quand les Reds intègrent leurs onéreuses recrues et s’imposent à l’arrache en fin de matchs, les Cityzens cherchent à se réinventer tactiquement et les Blues font une nouvelle fois face au bouleversement de leur effectif. Autant dire qu’il y a peut-être une vraie fenêtre de tir pour Arsenal.

Maximiser les prochaines semaines
Mais c’est une fenêtre dont il faudra profiter dans les prochaines semaines. Oui, face à une concurrence aux effectifs aussi qualitatifs, Arsenal ne doit pas perdre de temps et bien chercher à accroître son avance en tête de la Premier League. Pour cela, les coéquipiers de Riccardo Calafiori accueilleront avec plaisir un calendrier un peu moins exigeant mais dont l’objectif sera de tirer profit. Au programme : un déplacement à Fulham (18/10), l’accueil de Crystal Palace (26/10), puis des matchs chez les promus Burnley (01/11) et Sunderland (08/11), avant le retour d’affiches au sommet. Une chose est sûre, c’est une institution toute entière qui croit en ce titre. « Est-ce que je pense qu’Arteta fait du bon travail ? Oui. Est-ce que je pense qu’Arsenal peut remporter le championnat ? Oui. Il faut gagner quelque chose, si j’étais joueur, ce serait mon approche » certifiait il y a peu la légende du club, Thierry Henry. Vingt-deux ans après les Invincibles, Arsenal pourrait enfin mettre à nouveau la main sur l’or.