Enzo Maresca était-il vraiment en situation d’échec sur le banc de Chelsea ?

C’est officiel, Enzo Maresca n’est plus l’entraîneur de Chelsea. Après un an et demi sur le banc des Blues, le coach italien quitte Stamford Bridge d’un commun accord avec sa direction. En cause ? Des résultats récents en-deçà des espérances et des relations tendues avec son état-major. Mais est-ce que Chelsea ne commettrait pas une erreur ?

Enzo Maresca entraîneur de Chelsea lors du match contre Manchester United
Après un an et demi à son poste, Enzo Maresca n’est plus l’entraîneur de Chelsea.

L’information est tombée comme un cheveu sur la soupe. Ce jeudi 1er janvier 2026, quelques heures après l’euphorie liée au passage à la nouvelle année, Chelsea a annoncé dans un communiqué le départ de son manager, Enzo Maresca. Une séparation à l’amiable, quasiment décrite par les médias anglais comme une initiative du coach italien. Depuis plusieurs semaines, les relations entre le tacticien et sa direction semblaient s’être tendues en coulisse. Au milieu du mois de décembre, Enzo Maresca avait déjà partagé son sentiment de ne pas être soutenu par différentes personnes au sein du club. Ajoutez à cela une série en cours décevante avec une seule victoire en sept matchs de Premier League (deux succès en neuf matchs toutes compétitions confondues), et vous obtenez le mix parfait pour une situation irrécupérable à Stamford Bridge. Pour autant, fallait-il mettre sitôt un terme à cette collaboration ?

Une première saison réussie pour Enzo Maresca

Arrivé sur le banc des Blues à l’été 2024, Enzo Maresca a immédiatement redressé une institution en proie à l’instabilité. Depuis son rachat en 2022 par le consortium BlueCo, dirigé par Todd Boehly, Chelsea a cumulé les managers et les exercices houleux. D’abord 12e de Premier League en 2023 sous la houlette de trois coachs différents (Thomas Tuchel, Graham Potter puis Frank Lampard), le club termine 6e l’année suivante avec Mauricio Pochettino aux manettes. Dès sa première campagne sur le banc des Blues, Enzo Maresca décroche, lui, une 4e place en championnat, synonyme de retour en Ligue des champions après deux saisons d’absence. Mais ce n’est pas tout. Il triomphe sur la scène européenne en remportant sans forcer la petite Ligue Conférence. Mieux, il mène cet été son équipe à la victoire lors de la Coupe du monde des clubs, terrassant le Paris Saint-Germain 3-0 en finale. Cette saison, la conjoncture n’était pas encore préoccupante, puisque Chelsea était toujours 5e de Premier League lors de son départ.

Un effectif difficile à gérer

Au-delà de ces résultats, l’une des plus belles prouesses d’Enzo Maresca est d’avoir su gérer un effectif pléthorique, très jeune et en constante mutation. Lors de son premier exercice à la tête du club, il s’appuie toutes compétitions confondues sur un total de 39 joueurs. C’est simple, l’ex-entraîneur de Leicester City avait formé une équipe pour la Premier League et une autre pour la Ligue Conférence. Cette saison, il avait déjà utilisé 27 éléments différents. Sauf que pour compliquer l’équation, Chelsea avait encore multiplié les transactions sur le marché des transferts l’été passé : pas moins de 19 joueurs ont rejoint ou quitté l’équipe première ! Un vrai renouvellement. De quoi forcer Enzo Maresca à revoir sa hiérarchie à certains postes, à adapter son système tactique, mais aussi à gérer l’acclimatation des recrues.

Chelsea remporte la Coupe du monde des clubs contre le Paris Saint-Germain
Malgré l’énorme effectif à sa disposition, Enzo Maresca a permis à Chelsea de remporter la Coupe du monde des clubs cet été.

Des joueurs en forme sous Maresca

Tactiquement d’ailleurs, le technicien transalpin a toujours tenté de faire de Chelsea une formation joueuse, dominante et à l’aise avec la possession. Adepte du jeu de position, il a souvent eu la volonté de transformer son 4-2-3-1 en phase défensive, en un 3-2-4-1 en phase offensive. Une flexibilité due au repositionnement d’un latéral dans le cœur du jeu, mais aussi à la polyvalence de certains milieux de terrain. Enzo Maresca a su donner confiance à plusieurs joueurs de l’effectif jusqu’alors en difficultés au sein du club londonien, à l’image de Moisés Caicedo, Enzo Fernandez ou Marc Cucurella. Il a aussi relancé le capitaine de l’équipe, Reece James, de retour à un très bon niveau après avoir multiplié les blessures ces dernières années. Enfin, notons l’adaptation réussie de Pedro Neto sous ses ordres, mais aussi d’Estevao, ainsi que l’éclosion de Levi Colwill.

Que vise réellement Chelsea ?

Sauf qu’aux yeux de la direction de Chelsea, ce bilan reste insuffisant. Todd Boehly et ses associés souhaitaient voir le club poursuivre sa progression durant l’an 2 du contrat d’Enzo Maresca. Quelle fut donc leur stupeur à la vue de la série négative des Blues au mois de décembre. Cet enchaînement de contre-performances a relégué Chelsea de la 2e place après 12 journées, à cette 5e position à la mi-saison. Surtout, alors que les coéquipiers de Cole Palmer comptaient six points de retard sur le leader Arsenal après ces douze rencontres inaugurales, ils en accusent aujourd’hui quinze ! En cette nouvelle année, les Blues concèdent aussi un écart de onze unités avec Manchester City (2e), neuf avec Aston Villa (3e) et trois avec Liverpool (4e). En Ligue des champions, malgré une victoire de prestige contre le FC Barcelone (3-0), les Londoniens ne figurent qu’au 13e rang, avec déjà deux défaites encaissées. Ils devront donc cravacher pour aller chercher une place dans le top 8 et s’éviter des barrages en février.

Moisés Caicedo milieu de terrain Chelsea
Les Blues de Moisés Caicedo ont connu un mois de décembre contrasté, qui les a fait reculer au classement en Premier League.

L’adaptation contrastée des recrues offensives

Sur le pré, il pouvait être reproché à Enzo Maresca un manque d’ingéniosité pour faire passer un cap à son équipe. Les problèmes entrevus la saison passée n’ont pas été corrigés malgré les investissements estivaux (339,2 M€), ce qui empêche aussi Chelsea de se mêler plus longuement à la lutte pour le podium. Cette équipe s’avère grandement dépendante de la forme de Cole Palmer, alors qu’un manque de liant et d’automatismes offensifs reste à déplorer. Plusieurs recrues estivales éprouvent des difficultés à trouver leurs marques dans ce système, à l’image d’Alejandro Garnacho (1 but et 3 passes décisives), Jamie Gittens (0 but et 2 passes décisives), Liam Delap (0 but) ou Andrey Santos (4 titularisations). Depuis la blessure de Levi Colwill, un manque de stabilité défensive se fait aussi ressentir. Bien que pénalisé par les absences d’autres éléments, Enzo Maresca n’a pas été en mesure de solidifier cet édifice et de lui donner de la continuité.

Déjà des pistes pour Enzo Maresca ?

En interne, les nombreuses blessures au sein de l’effectif sont d’ailleurs grandement incriminées au coach italien selon la presse britannique. Il lui est reproché d’être souvent allé à contresens de l’avis de son corps médical. Les retours de convalescences auraient parfois été précipités, entraînant ainsi des rechutes et de nouvelles absences. Enfin, la direction de Chelsea fustige aussi les liens d’Enzo Maresca avec d’autres clubs. Depuis plusieurs semaines, Maresca est annoncé comme le successeur de Pep Guardiola du côté de Manchester City, potentiellement dès la fin de la saison. Rien d’étonnant, puisqu’il a été l’adjoint de l’Espagnol à l’Etihad Stadium lors de la saison 2022-2023. Il a aussi été érigé comme une option pour prendre le poste d’entraîneur du côté de la Juventus. Deux clubs avec lesquels il aurait déjà échangé. Un acte jugé irrespectueux par l’état-major des Blues, qui le voit aussi comme une source de distraction au sein de l’équipe première.

Enzo Maresca manager Chelsea sur le banc de l'Etihad Stadium à Manchester City
Enzo Maresca pourrait-il s’assoir sur le banc de Manchester City la saison prochaine, en lieu et place de Pep Guardiola ?

Liam Rosenior, grand favori pour débarquer à Chelsea

Un cocktail explosif, qui a conduit les deux parties à se séparer d’un commun accord. Visiblement, Enzo Maresca jugeait sa position intenable sur le banc des Blues à moyen terme. Reste maintenant à voir qui prendra la relève pour diriger Chelsea. Un homme semble faire office de favori : c’est Liam Rosenior. L’entraîneur anglais a pris en main avec brio le Racing Club de Strasbourg depuis un an et demi, un autre club de la galaxie BlueCo. Voir Liam Rosenior traverser la Manche pour rejoindre les Blues serait donc tout à fait naturel sur le papier. Mais l’ex-coach d’Hull City acceptera-t-il de quitter le navire alsacien en pleine saison ? Parallèlement, les noms de Roberto De Zerbi (Marseille), Eddie Howe (Newcastle) et Andoni Iraola (Bournemouth) ont également circulé. Mais pour l’heure, c’est bien Calum McFarlane, coach des U21 de Chelsea, qui s’assoira sur le banc pour le choc contre Manchester City ce dimanche 4 janvier.