West Ham se voulait ambitieux cette saison, mais le club londonien vit une entame d’exercice particulièrement délicate. Actuels 19e de Premier League, les Hammers viennent de se séparer de leur manager Graham Potter, à l’heure où la colère des supporters se fait de plus en plus forte au London Stadium. Avec désormais Nuno Espirito Santo sur son banc, le club pourra-t-il se relancer ?

Nous ne sommes même pas encore au mois d’octobre, pourtant oui, West Ham est bien en crise. Après cinq journées disputées dans cet exercice 2025-2026, les Hammers campent à la 19e et avant-dernière place du classement de Premier League. C’est simple, ils n’ont gagné qu’un seul match depuis le début de la saison, cumulant cinq défaites toutes compétitions confondues. Déjà éliminés en League Cup, mal en point en championnat, ces premières semaines de compétitions compilent chacun des pires cauchemars redoutés par les joueurs, la direction et les supporters des Irons. Rien ne fonctionne, et un homme en a payé les frais. Ce samedi 27 septembre, l’état-major de West Ham a décidé de licencier son manager, Graham Potter. Contesté dès la saison passée, il n’a pas su redresser la barre depuis la reprise malgré le temps qui lui a été accordé et les nouvelles recrues ajoutées à son effectif. L’homme de 50 ans n’a pas imposé sa patte sur le jeu des Hammers et n’a surtout jamais insufflé un cycle vertueux de succès au sein du club (6 victoires en 25 matchs).
Une équipe impuissante sur le pré
Loué pour son approche tactique lors de son passage à Brighton, Graham Potter semblait cette fois à court d’idée et incapable de sublimer son équipe. Il n’est jamais parvenu à transmettre à ses joueurs sa vision d’un football de possession rythmé et vertical. Sous sa houlette, West Ham était dépourvu d’identité de jeu, mais aussi d’un onze type et ne faisait état d’aucune amélioration au fil des semaines. Oscillant entre un système en 3-4-3, en 4-2-3-1 ou en 3-5-2, Graham Potter était le chef d’orchestre d’une animation collective arrêtée, stérile et peu créative, dans laquelle seuls Jarrod Bowen, Lucas Paqueta et El Hadji Malick Diouf offraient quelques éclaircies. Une statistique effarante ? Les Londoniens n’ont enregistré qu’une distance de passes progressives de 9 978 mètres, soit le 19e total du championnat. Mais les standards étaient les mêmes défensivement. Incapables de former un bloc solide, pénalisés par certaines erreurs individuelles et dominés dans les duels (seulement 225 duels gagnés, le pire total de Premier League), West Ham porte sur ses épaules le fardeau d’être la pire défense du championnat jusqu’ici avec 13 buts encaissés.
Plus de 400 M€ dépensés en deux ans
Résultat ? Des claques encaissées contre Sunderland (3-0), Chelsea (1-5) et Tottenham (0-3). Bref, tout le contraire de ce qui était espéré au sein du club à l’orée de cette nouvelle saison. « Le potentiel ici est énorme, et les ambitions également. Notre objectif est d’utiliser toutes les ressources à notre disposition pour faire aussi bien que possible et aligner une équipe sur le terrain dont les supporters peuvent être fiers » affirmait Graham Potter en juin dernier. C’est dans ce sens d’ailleurs que la direction sportive a sorti le portefeuille cet été pour essayer de renforcer l’effectif. West Ham a investi 143,8 millions d’euros sur le marché des transferts, enregistrant l’arrivée de huit recrues. De quoi porter les dépenses du club en matière de recrutement à 432,76 M€ sur les deux dernières années. Sauf que pour le moment, cela n’a pas vraiment porté ses fruits, et ça les supporters l’ont bien noté.

Les supporters contestent la stratégie de la direction
À la fin du mois d’août, les représentants des supporters du Fan Advisory Board (Conseil Consultatif des Supporters) ont partagé leur colère et leur frustration avec la direction au travers d’une lettre ouverte. Les personnalités visées ? David Sullivan, président du club depuis 2010, et Karren Brady, sa vice-présidente. Dans cette lettre, ils informent de leur décision « d’émettre un vote de défiance suite à la gestion du club par le conseil d’administration. » Deux ans après avoir remporté la Ligue Conférence (la plus petite des coupes d’Europe) et vendu sa star Declan Rice à Arsenal contre 116,6 M€, ces supporters déplorent « les plaintes de détresse financière, une équipe vieillissante et non compétitive, une infrastructure de recrutement inadéquate et un centre d’entraînement décrié. » Autre sujet de contestation : le stade. Les fidèles suiveurs de West Ham n’ont jamais digéré cette décision de quitter leur bien-aimé Boleyn Ground en 2016 pour évoluer au London Stadium, un écrin initialement bâti pour les Jeux olympiques de 2012. Une enceinte de plus de 68 000 places, mais où l’atmosphère et le confort sont pointés du doigt. Autant d’éléments qui, une fois additionnés, ont convaincu le FAB de se joindre aux mouvements de protestations prévus lors des prochaines rencontres des Hammers.
« Le club accepte que les résultats et les performances sur le terrain au cours des deux dernières saisons n’ont pas atteint les standards qu’il s’était fixés. »
West Ham United
De son côté, la direction ne peut ignorer la contestation des fans, et a tenté de faire un pas dans leur sens, sans pour autant discréditer son bilan. Dans un communiqué paru le 17 septembre, « le club accepte que les résultats et les performances sur le terrain au cours des deux dernières saisons n’ont pas atteint les standards qu’il s’était fixés. » Rappelons que West Ham reste sur une 14e place en Premier League la saison passée, une 9e position en 2024 et avait déjà terminé 14e en 2023. Pour autant, il n’oublie pas ce titre de champion d’Europe acquis il y a deux ans (son premier trophée majeur en 43 ans), et savoure cette 14e participation consécutive à la Premier League, son record depuis le passage à l’ère moderne du championnat. Mais la direction assure poursuivre son travail, notamment pour améliorer l’expérience des supporters au London Stadium, perfectionner les infrastructures du centre d’entraînement et garder une situation financière « stable et durable ».

Nuno Espirito Santo, la solution pour sortir de la crise ?
Mais pour quel objectif ? « Notre focus est sur l’avenir et de construire une équipe qui peut à nouveau se battre régulièrement dans les compétitions nationales et en Europe. Parfois, nous devons être prudents dans nos investissements, mais cela ne démontre pas un manque d’ambition » souligne le club dans son communiqué. Sauf que la première ambition ne sera pas de se qualifier pour une coupe d’Europe la saison prochaine, mais déjà de se sortir des bas fonds de la Premier League. C’est pourquoi West Ham vient de nommer Nuno Espirito Santo pour prendre place sur son banc. Tout juste viré de Nottingham Forest par le tempétueux Evangelos Marinakis, le manager portugais reste une valeur sûre et respectée du football anglais. Congratulé unanimement pour ses résultats obtenus chez les Tricky Trees, mais aussi à Wolverhampton auparavant, il cherchera à mettre en place au plus vite son animation de jeu à la fois conservatrice et axée sur les attaques rapides. En tout cas, son statut et son pédigrée l’érige presque comme le sauveur tant attendu du club londonien. Il fera ses débuts avec les Hammers ce lundi 29 septembre, à l’occasion d’un déplacement à Everton pour le compte de la 6e journée de Premier League.