L’édifice Newcastle United vacille sérieusement. À trois semaines de la reprise de la Premier League, le manager du club, Eddie Howe, a pris la décision de quitter son poste. Un départ qui s’ajoute à une véritable razzia des cadres au sein de l’effectif des Magpies. Plus que jamais, la crise est déclarée.

Cela faisait plusieurs mois que les nuages s’amoncelaient dangereusement dans le ciel de St James’ Park. En difficulté sportivement la saison dernière, Newcastle United n’a pu faire mieux qu’une 12e place au classement de la Premier League. Parallèlement, le club du Tyne and Wear n’est pas parvenu à tirer son épingle du jeu dans l’une des deux coupes nationales et a été balayé par le FC Barcelone en 8e de finale de la Ligue des champions (8-3), malgré un parcours intéressant. Une vraie baisse de régime après trois exercices consécutivement achevés à la 4e, 7e et 5e place en championnat et un succès en League Cup en 2025. Mais au-delà de ces résultats l’an passé, les partitions de cette équipe donnaient l’impression que ses plus belles heures étaient derrière elle. Comme si elle était en fin de cycle. Aussi bien du côté des joueurs que du manager, Eddie Howe, le ressort semblait s’être brisé.
Le départ inattendu d’Eddie Howe
Sauf que désormais, les nuages ont laissé place à un violent orage. C’est peu de le dire, à trois semaines de la reprise de la Premier League, Newcastle United est en crise. Les Magpies viennent d’annoncer ce vendredi 31 juillet le départ d’Eddie Howe, qui claque la porte après quatre ans et demi de bons et loyaux services. Si, d’après la presse anglaise, la décision du coach anglais avait été communiquée à sa direction depuis maintenant deux semaines, le timing interroge. Pourquoi les deux parties n’ont-elles pas décidé de se séparer dès la fin de la saison dernière ? En effet, Eddie Howe a donc dirigé ses joueurs pour leur retour à l’entraînement début juillet, mais aussi à l’occasion de leurs deux premiers matchs de préparation. En réalité, l’ex-coach de Bournemouth pensait avoir l’énergie nécessaire pour relancer une dynamique positive dans son groupe. Il s’est finalement rendu compte cet été que ce n’était pas le cas. De quoi laisser le club orphelin de son guide, lui qui a permis à Newcastle United de retrouver les brillants standards qui étaient les siens par le passé durant son mandat.
L’effectif de Newcastle United totalement amputé
Mais ce sentiment d’avoir offert tout ce qu’il a pu à cette institution et ce besoin de souffler ne sont pas les seules raisons de ce départ. Le mercato mené par Newcastle United a sans doute influencé la décision d’Eddie Howe. Tel un spectateur, il voyait les stars et cadres de son effectif s’en aller les uns après les autres. Tout d’abord, c’est Anthony Gordon qui a quitté les Magpies pour rejoindre le FC Barcelone, contre un chèque de 80 millions d’euros (M€). Il a été suivi quelques semaines plus tard par Sandro Tonali, qui a signé à Tottenham Hotspur (108 M€). Pire, le capitaine et symbole du club, Bruno Guimaraes, aurait demandé à pouvoir être transféré du côté d’Arsenal, d’après la presse britannique. Un joueur avec lequel le manager de 48 ans avait une relation de proximité et dont le départ affaiblirait un peu plus encore l’équipe à sa disposition. Des pertes d’autant plus préjudiciables qu’Alexander Isak avait déjà plié bagages l’été dernier pour rallier Liverpool (145 M€). Finalement, ce sont quatre des éléments les plus déterminants du projet qui pourraient quitter le navire en l’espace de deux étés.

Un recrutement qui pose question
Surtout que, dans le sens des arrivées, le casting des remplaçants est beaucoup moins fringant. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir sorti le portefeuille. Grâce aux sommes engrangées cet été, Newcastle United a mis le paquet et a déjà dépensé 161,1 M€. Au total, cinq nouveaux joueurs sont déjà assurés de porter ce mythique maillot noir et blanc : l’ailier gauche Bazoumana Touré (50 M€), le milieu franco-guinéen Aladji Bamba (35,5 M€), le gardien Lukas Hornicek (30,6 M€), la pépite formée à l’Ajax Amsterdam Sean Steur (23,5 M€) et le portier français Ewen Jaouen (21,5 M€). Mis à part Lukas Hornicek, qui devrait être le premier choix dans les cages cette saison, toutes ces recrues ont un âge compris entre 18 et 20 ans. Elles sont pourtant censées remplacer numériquement des piliers de ce vestiaire. De sacrées responsabilités. D’ailleurs, aucune d’entre elles n’a jamais disputé le moindre match de Premier League. Pire, le plus expérimenté de ces nouveaux venus est Lucas Hornicek, avec 89 rencontres au compteur en professionnel. A contrario, Aladji Bamba et Sean Steur n’atteignent même pas la barre des 30 matchs en carrière. Si le talent de chacun reste probablement indéniable, cela paraît tout de même quelque peu léger pour un club de la taille de Newcastle United.
Matthias Jaissle prend les commandes
Une fois mis bout à bout, tous ces éléments ont fini de convaincre Eddie Howe qu’il était temps pour lui de s’en aller. La tâche était alors pour la direction des Magpies de trouver l’homme idéal pour s’installer sur son banc. Et elle l’a trouvée. Son nom ? Matthias Jaissle. À 38 ans, le technicien allemand a été déniché du côté d’Al-Ahli (Arabie saoudite), où il était l’entraîneur numéro un depuis trois ans. Auparavant, il a dirigé deux équipes autrichiennes : le FC Liefering puis le RB Salzbourg. Si son arrivée n’a pas encore été officiellement communiquée par Newcastle United, le jeune coach a déjà rejoint son effectif, avec lequel il travaille à l’occasion d’un stage de pré-saison en Espagne. D’après les médias anglais, Matthias Jaissle a été choisi grâce à sa philosophie de jeu proche de celle d’Eddie Howe. Celle-ci se caractériserait par un football offensif, marqué par un jeu vertical, de l’intensité et un pressing haut. Des principes qui pourraient donc coller avec l’effectif à sa disposition. Cependant, notons que comme pour les recrues, Matthias Jaissle ne possède aucune expérience de la Premier League.

Objectif maintien pour Newcastle United ?
Autant dire qu’à l’heure actuelle, Newcastle United réalise une sorte de saut dans le vide. Son manager et les meilleurs joueurs de son effectif sont partis (ou sont proches de le faire), et pour les remplacer, la direction mise sur des personnes et des joueurs de talent, mais qui vont tous découvrir la Premier League cette année. Et lorsque l’on connaît la rigueur de ce championnat et les difficultés d’adaptation que rencontrent certains, ce choix de parier uniquement sur des nouveaux venus en Angleterre dans une période aussi charnière ne peut que surprendre. Cela vient aussi à contre-courant de la stratégie appliquée par le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, aux manettes des Magpies depuis octobre 2021. Ambitieux, le PIF s’était démarqué par sa capacité à attirer des joueurs de renom à l’international, ainsi que des éléments à fort potentiel et déjà aguerris au football anglais. Surtout, il avait pris l’habitude de regarder vers le haut. Pour cet exercice 2026-2027, il semble qu’assurer son maintien soit devenu la priorité principale de Newcastle United.