Comment expliquer la saison décevante de Tottenham Hotspur en Premier League ?

Brillant en Ligue des champions, Tottenham Hotspur n’avance pas sur la scène nationale. Les Spurs ne pointent qu’au 14e rang en Premier League, bien loin des places européennes visées en début de saison. Thomas Frank ne parvient pas à imposer ses idées et s’avère de plus en plus contesté. Mais que se passe-t-il exactement au sein du club londonien ?

Randal Kolo Muani et Destiny Udogie frustrés après une occasion ratée pour Tottenham Hotspur
Malgré un bon début de saison, Tottenham Hotspur a dégringolé au classement de Premier League, ne figurant plus qu’au 14e rang.

Décidément, Tottenham Hotspur n’y arrive pas en Premier League. Après un exercice 2024-2025 déjà conclu à une triste 17e place, les Spurs ne parviennent pas à remonter la pente cette saison. Au bout de 23 journées disputées, le club du nord de Londres n’occupe que la 14e place de l’élite anglaise. Pire, ils n’ont gagné que deux de leurs quatorze derniers matchs de championnat. C’est simple, ils n’ont pas remporté la moindre rencontre de Premier League en 2026. Plus inquiétant encore : Tottenham Hotspur ne dispose que du 19e bilan à domicile, avec seulement neuf petits points pris dans leur antre ultra-moderne (deux succès). La conséquence de cette série désastreuse ? Cristian Romero et ses coéquipiers ne comptent que huit points d’avance sur le premier relégable, West Ham United. D’un autre côté, les places européennes s’éloignent, à l’image d’une cinquième place déjà à neuf encablures. Mais comment expliquer cette campagne décevante ?

Thomas Frank en période d’adaptation

Pour comprendre, un retour en arrière s’impose. L’été dernier, la direction des Spurs a choisi de changer de manager. Exit Ange Postecoglou, mis à la porte après le sacre en Ligue Europa. À la place, Tottenham Hotspur a décidé d’introniser Thomas Frank sur son banc, auteur de sept saisons réussies en tant qu’entraîneur du voisin Brentford. Malheureusement, malgré toute la science tactique du Danois, force est de constater qu’il n’est pour le moment pas parvenu à imposer sa patte sur le jeu de son équipe. Alors qu’il avait mis en place chez les Bees un football offensif, intense et vertical, il doit se contenter avec les Spurs de prestations inanimées, stéréotypées et fébriles. Les joueurs de Tottenham Hotspur semblent figés dans leur 4-2-3-1, ne créant ni mouvements ni connexion, brillant par la stérilité de leurs possessions, et laissant souvent leurs adversaires contrôler les matchs. 

Thomas Frank applaudit les supporters de Tottenham Hotspur après la victoire contre Manchester City
Thomas Frank ne réussit pas encore à imposer sa patte sur le jeu de sa nouvelle équipe.

Une attaque en berne

En premier lieu, c’est principalement offensivement que le bât blesse. Depuis le début de la saison, les hommes de Thomas Frank ne se sont procurés que 42 occasions de buts (13e de PL), pour 33 réalisations (9e). Si Richarlison a trouvé le chemin des filets à sept reprises en six mois, il n’est imité par aucun autre attaquant au sein de l’effectif. Derrière le Brésilien, les autres meilleurs buteurs du club sont les défenseurs centraux Cristian Romero et Micky van de Ven (quatre buts chacun). Des éléments comme Wilson Odobert ou Randal Kolo Muani n’ont même pas encore scoré cette saison. Très prévisible et sans idée, cette équipe de Tottenham Hotspur se contente presque de multiplier machinalement les centres depuis les couloirs. Les Lilywhites sont la troisième équipe qui centre le plus cette saison, avec 507 tentatives. Mais sans grande réussite. Il faut tout de même dire que les absences longues durée de James Maddison, Dejan Kulusevski et Dominic Solanke n’ont pas aidé. Pire, rappelons que Mohammed Kudus s’est blessé début janvier et devrait être absent jusqu’en avril. Avec ses cinq passes décisives, il était le grand animateur du jeu des Spurs jusqu’ici.

Richarlison célèbre son but pour Tottenham Hotspur contre Burnley
Richarlison est le seul joueur de Tottenham Hotspur à trouver régulièrement le chemin des filets adverses.

Un problème d’état d’esprit ?

L’autre point à souligner, c’est la fragilité récurrente de Tottenham Hotspur. Mentalement, cette équipe manque de répondant et de détermination, mais surtout de leaders. Par exemple, jamais les Spurs ne sont parvenus à gagner un match de Premier League cette saison après avoir été menés au score. Mais être devant au tableau d’affichage n’est pas pour autant synonyme de succès pour les hommes de Thomas Frank : ils ont déjà perdu douze points durant cet exercice après avoir mené. À l’image de ces buts décisifs concédés dans le temps additionnel de la seconde période contre Manchester United (2-2), Bournemouth (3-2) ou West Ham (1-2), les Londoniens s’avèrent incapables de tenir un résultat jusqu’au coup de sifflet final. La preuve d’un manque de sérénité et de solidité, que cette formation n’arrive pas à éradiquer.

Des recrues aux abonnés absentes

Mais il faut bien avouer une chose, c’est que Tottenham Hotspur n’a pas non plus été épaulé par ses récentes recrues. Sur l’ensemble des joueurs arrivés au club l’été passé, Mohammed Kudus est le seul à avoir fait preuve de personnalité et à avoir régulièrement tiré son collectif vers le haut. Pour les autres, cette première partie d’exercice s’est révélée plus que poussive. Xavi Simons est encore très peu influent dans sa position de meneur de jeu et fait même preuve de suffisance par moment ; Randal Kolo Muani éprouve de grandes difficultés à s’adapter à la robustesse de la Premier League ; l’efficacité de Joao Palhinha dans l’entrejeu reste irrégulière ; tandis que Mathys Tel commence seulement depuis quelques semaines à montrer ses qualités (3 buts). Avec du recul, le départ de la star coréenne Son Heung-Min vers Los Angeles en août dernier a aussi laissé plus de traces que prévu.

Xavi Simons ne convainc pas encore avec le maillot de Tottenham Hotspur
Pour le moment, Xavi Simons n’a que rarement démontrer son talent avec la tunique des Spurs.

Une seconde partie de saison à réussir

Et pourtant, malgré cette piteuse dynamique en Premier League, Tottenham Hotspur rayonne sur la scène européenne. Le double champion d’Angleterre vient de finir la phase de ligue de la Ligue des champions à la 4e place ! C’est mieux que Barcelone, Chelsea, Manchester City, le Real Madrid ou le Paris Saint-Germain. Là est tout le paradoxe de cette équipe des Spurs. Une formation capable de caler à la maison contre la lanterne rouge anglaise Wolverhampton (1-1), puis de battre un cador allemand comme le Borussia Dortmund (2-0). La question est maintenant de savoir si Tottenham Hotspur peut encore sauver sa saison. Contesté par une partie des supporters, Thomas Frank a vu sa place sur le banc de touche être sauvée par ses résultats européens. Dans ce sens, sa direction lui a même offert deux nouveaux joueurs cet hiver, avec les signatures de Conor Gallagher et du jeune latéral brésilien Souza. Sera-ce suffisant pour accrocher une place européenne ? Éliminé de toutes les coupes nationales, Tottenham Hotspur doit relever la tête et remonter en championnat. Au regard des moyens financiers investis et de la stature du club, tout autre résultat qu’une qualification européenne pour la saison prochaine sera vu comme un échec. À moins que les Spurs ne triomphent en Ligue des champions…