Bournemouth et Crystal Palace peuvent-ils jouer les trouble-fêtes toute la saison au sommet de la Premier League ?

À chaque saison de Premier League, son lot de surprises. L’an passé, Nottingham Forest avait bousculé la hiérarchie établie en venant se mêler à la lutte pour la Ligue des champions jusqu’à la dernière journée. En cette entame d’exercice 2025-2026, c’est à Bournemouth et Crystal Palace de réaliser des départs canons. Mais jusqu’où peuvent-ils monter ?

Evanilson Adrien Truffert Antoine Semenyo célébration Bournemouth
Les Cherries de Bournemouth ont idéalement lancé leur début de saison, dans la continuité de leur campagne réussie en 2024-2025.

Et si l’on tenait déjà le (voire les) digne(s) successeur(s) de Nottingham Forest ? La saison passée, le club de la ville de Robin des Bois avait surpris tout le monde en se battant jusqu’à la dernière journée de Premier League pour décrocher une place en Ligue des champions. Un exercice exceptionnel, finalement achevé à une savoureuse 7e place. Un résultat synonyme de Ligue Europa. Mais en 2025-2026, Bournemouth et Crystal Palace pourraient bien marcher dans les pas des Tricky Trees. Certes, seules sept rencontres ont jusqu’ici été disputées au sein de l’élite britannique. Mais à l’heure où se joue la deuxième trêve internationale de la saison, les Cherries figurent en 4e position au classement (14 points), tandis que les Eagles suivent avec deux points de moins, au 6e rang. Séparées par Manchester City, les deux équipes se trouvent par exemple devant Chelsea, Manchester United, Newcastle ou Aston Villa. Plutôt parlant.

Une série d’invincibilité record pour Crystal Palace

Pour se hisser à de telles places dans le tableau, ces deux formations s’appuient sur leurs formes on ne peut plus étincelantes. Si Crystal Palace a été renversé il y a une semaine sur la pelouse d’Everton (2-1), le club londonien peut se targuer d’être la dernière équipe à s’être inclinée cette saison en Premier League. Oui, les pensionnaires de Selhurst Park étaient invaincus le temps de 19 rencontres toutes compétitions confondues, soit depuis la mi-avril. Un record dans l’histoire du club. Le temps pour Palace de décrocher son tout premier trophée majeur au mois de mai : une FA Cup contre Manchester City (1-0). Un exploit suivi en août d’un sacre aux tirs aux buts contre Liverpool lors du Community Shield. De son côté, Bournemouth n’a certes pas soulevé de coupes, mais n’a plus perdu depuis la première journée en championnat, sur la pelouse de Liverpool (4-2). Les Cherries enchaînent les performances accomplies, à l’image de ce succès à Tottenham Hotspur (0-1) fin août.

Oliver Glasner Crystal Palace invincibilité manager
Oliver Glasner a mené Crystal Palace vers la plus longue série d’invincibilité de son histoire.

Quelle philosophie de jeu pour Andoni Iraola ?

La formule magique de Bournemouth ? La stabilité et la confiance. Effectivement, Andoni Iraola vient de lancer sa troisième saison consécutive en tant que manager du club. Il est même le sixième entraîneur en activité en Premier League en termes de longévité sur un banc (2 ans et 3 mois). Autant dire qu’il a su imprégner ses joueurs de sa philosophie de jeu. Celle-ci est marquée par de l’intensité en possession, la recherche récurrente de verticalité ainsi qu’un pressing haut et constant. Il demande du mouvement entre ses éléments offensifs, voire des permutations régulières, il aime disposer de latéraux proactifs et n’hésite pas à prendre des risques en incitant ces milieux centraux à apporter le surnombre dans les derniers mètres. Avec 11 buts marqués, Bournemouth est la 6e attaque du championnat, mais a aussi tiré 90 fois (4e), tenté 153 dribbles (3e) et centré à 144 reprises (5e). D’ailleurs, rappelons que les Cherries ont perdu cet été la quasi-totalité de leur base défensive. Sont partis : le gardien Kepa Arrizabalaga, ainsi que les défenseurs Ilya Zabarnyi, Dean Huijsen et Milos Kerkez. Une activité qui a contraint Andoni Iraola à reformer un solide édifice avec les recrues Djordje Petrovic, Bafodé Diakité et Adrien Truffert.

La forme étincelante d’Antoine Semenyo

Offensivement par contre, le Basque peut s’appuyer sur un effectif similaire à la saison passée. Et un joueur porte tout particulièrement son équipe depuis le début de la campagne : c’est Antoine Semenyo. Le Ghanéen a déjà inscrit 6 buts et délivré 3 passes décisives, se muant comme le deuxième joueur le plus décisif de Premier League jusqu’ici. C’est simple, il est impliqué dans 81,8 % des réalisations de son équipe, soit le meilleur total du championnat. Capable de marquer en slalomant dans une défense (contre Fulham), sur coup franc direct (contre Leeds) ou sur des contre-attaques (contre Liverpool et Fulham), l’attaquant rayonne par son efficacité et sa polyvalence. À la fois rapide et doté d’une superbe première touche de balle, il entre parfaitement dans le système de jeu d’Iraola : Semenyo aime attaquer l’espace, provoquer, combiner avec ses coéquipiers et chercher le but adverse. Bref, un mariage parfait.

Antoine Semenyo Bournemouth buteur
Déjà performant la saison passée, Antoine Semenyo a encore élevé ses standards depuis la reprise.

Des Eagles plus conservateurs sur le pré

À Crystal Palace, la mélodie est bien différente sur plusieurs aspects. D’abord, aucune ligne n’a dû être reconstruite au sein de l’effectif. Le club présidé par Steve Parish est resté bien discret sur le marché des transferts cet été (55,3 millions d’euros dépensés). Cependant, il a perdu son meilleur joueur, Eberechi Eze, parti du côté d’Arsenal. Pour compenser ce départ, les Eagles ont misé sur le talentueux espagnol de Villarreal, Yéremy Pino. Mais pas de quoi bousculer l’animation de jeu de son manager, Oliver Glasner. L’Autrichien aligne son équipe dans un rigoureux 3-4-3, marqué par une approche tactique diamétralement opposée à celle de son homologue de Bournemouth. Sous ses ordres, Palace laisse le ballon à son adversaire (41,3 % de possession, 18e de PL), s’installe solidement en bloc médian voire bas, et explose rapidement en contre-attaques. Une stratégie payante : les Londoniens n’ont encaissé que 5 buts jusqu’ici (2e meilleure défense), mais constituent aussi l’équipe qui s’est créée le plus gros nombre d’occasions offensives (26 unités).

Oliver Glasner s’est adapté à son équipe

« Le système ? Il doit s’adapter aux joueurs. On en parle trop. Le système n’est pas important. Ce sont les habitudes qui comptent, les schémas et la façon dont on veut que les joueurs se comportent sur le terrain » confiait Oliver Glasner il y a quelques jours. Nul doute qu’il a trouvé la formule magique pour permettre à ses joueurs de s’épanouir. D’abord, son onze de départ est presque inamovible. Si tout le monde fait les efforts défensifs et participe à la réduction des espaces, la charnière composée de Chris Richards, Maxence Lacroix et Marc Guéhi s’érige comme un mur face aux attaques adverses, bien aidée par le performant Dean Henderson dans les cages. En possession, les virevoltants Ismaïla Sarr et Yéremy Pino usent de leur vitesse et de leur qualité technique pour percuter, combiner et créer du danger. Ils sont d’ailleurs bien accompagnés par les pistons Daniel Munoz et Tyrick Mitchell, qui n’hésitent pas à se projeter et délivrer des centres d’une grande justesse. Au milieu, la pépite Adam Wharton s’occupe de faire le lien entre les lignes grâce à sa merveilleuse qualité de passes, aidé par un Daichi Kamada qui prend de plus en plus le jeu à son compte. Enfin, à la finition ? Le désormais international français, Jean-Philippe Mateta, s’occupe de conclure les mouvements.

Un Crystal Palace – Bournemouth pour se départager

Deux approches différentes, mais deux approches performantes. Reste maintenant à voir pour combien de temps. Ces deux formations semblent actuellement en pleine ascension, et leur début de saison n’est que la continuité de leur campagne 2024-2025 réussie. Pour rappel, Bournemouth avait déjà tenté de chatouiller la course à l’Europe l’hiver dernier, terminant finalement à une historique 9e place. Et la série d’invincibilité de Crystal Palace, ponctuée par cette victoire en FA Cup et une 12e position en Premier League, parle pour elle. Soulignons aussi qu’à pareille époque l’an passé, Nottingham Forest n’occupait que la 10e place du classement. Bref, Bournemouth comme Crystal Palace sont dans les temps requis. Mais la concurrence est rude outre-Manche. Et ironie du calendrier, les deux équipes se retrouveront sur la pelouse de Selhurst Park dès le retour de la trêve internationale, le samedi 18 octobre (16h). Une confrontation d’ambitieux fort prometteuse.