En cette première partie de saison, Elliot Anderson, Alex Scott et Adam Wharton domptent les pelouses anglaises. Ces trois jeunes milieux box-to-box, dignes héritiers de Declan Rice, s’imposent comme les nouveaux diamants à polir en Premier League. Mais quelles sont les qualités de ces joueurs très côtés et en quoi se différencient-ils ?

Qui mettra la main sur le nouveau Declan Rice ? C’est une certitude, tous les clubs de Premier League regardent Arsenal avec des yeux épris de jalousie. À l’été 2023, les Gunners ont réalisé un énorme coup, certes onéreux (116,6 millions d’euros), en allant chercher Declan Rice du côté de West Ham. Aujourd’hui, le milieu de terrain est assurément l’un des meilleurs joueurs du championnat, si ce n’est le tout meilleur depuis le début de la saison. De quoi donner envie à la concurrence de tenter une approche similaire en se trouvant son propre moteur pour faire carburer son entrejeu. Dans cette optique, trois joueurs anglais semblent sortir du lot. Leurs noms ? Elliot Anderson, Alex Scott et Adam Wharton.
Une progression dans des clubs modestes
Les trois évoluent dans des clubs qui n’appartiennent pas au traditionnel Big 6, mais plutôt dans des formations du milieu de tableau, parfois ambitieuses, d’autres fois plus focalisées sur la lutte pour le maintien. Elliot Anderson est titulaire indiscutable du côté de Nottingham Forest, surprenant 7e de Premier League l’an passé, englué cette saison dans une bataille contre la relégation. Plus au sud du pays, à Londres, Adam Wharton fait les beaux jours de Crystal Palace, avec qui il a remporté la FA Cup lors du dernier exercice. Enfin, Alex Scott s’est imposé avec brio dans le double pivot d’Andoni Iraola à Bournemouth. Bref, des clubs de transition, considérés comme « tremplins », qui leur permettent à chacun d’éclore dans ce championnat. Des équipes parfaitement adaptées pour le développement de ces trois hommes encore très jeunes : Adam Wharton a 21 ans (né en 2004), Alex Scott 22 ans (2003) et Elliot Anderson un an de plus (2002). Autant dire que leur marge de progression reste conséquente.

Des joueurs encore peu expérimentés
Mais tous impressionnent déjà. Ils démontrent des qualités rares et une maturité déconcertante à la vue de leur faible expérience dans l’élite anglaise jusqu’ici. En clair, ils sont les indéboulonnables patrons du milieu de terrain de leur club respectif. Pourtant, aucun de ces joueurs n’a atteint la barre des cent matchs de Premier League dans leur carrière. Notons tout de même que Elliot Anderson a déjà connu la Ligue des champions avec Newcastle en 2023 et qu’il découvre la Ligue Europa cette saison, quand Adam Wharton réalise ses premiers pas en Ligue Conférence depuis le mois d’août. Mais avec leur profil box-to-box, leur capacité à prendre le jeu à leur compte, à dicter le rythme des rencontres et à récupérer des ballons, ils s’imposent petit à petit comme les dignes héritiers de Declan Rice. Pour autant, chacun d’entre eux dispose de ses propres spécificités techniques et tactiques. De quoi les rendre uniques et on ne peut plus spéciaux.
Elliot Anderson, le phénomène de Nottingham Forest
Le plus impressionnant d’entre eux est probablement Elliot Anderson. Le numéro 8 de Nottingham Forest est devenu l’élément de base de son équipe, puisqu’il a disputé chacune des minutes écoulées au cours des 14 journées inaugurales en Premier League. Son avantage ? Il sait tout faire. La preuve, il est le deuxième joueur du championnat qui a touché le plus de ballons cette saison (1 294 unités). Incontournable dans la construction du jeu, il rayonne par sa justesse dans ses transmissions (86,3 % de passes réussies), mais aussi par sa verticalité (31,7 % de passes progressives). Infatigable, il assure une présence aux quatre coins du terrain grâce à son volume de jeu phénoménal. Il enregistre 1,8 occasion créée par match, soit le plus gros total de nos trois éléments analysés. De plus, il est le joueur de Premier League qui a remporté le plus de duels durant cette campagne 2025-2026 (105 unités), preuve de sa hargne et de sa combativité. Dans le détail, il a gagné 56,6 % de ses duels au sol et 48,4 % de ses duels aériens (seul Alex Scott fait mieux sur ce dernier point dans notre étude). En moyenne, Elliot Anderson récupère 8,3 ballons par match, réalise 2,6 tacles et provoque 2,5 fautes. Il cumule déjà un but et une passe décisive.

Adam Wharton, un quaterback complet
D’un autre côté, Adam Wharton est sûrement le meilleur des trois joueurs en termes de maîtrise technique et dans la qualité de passes. Il est aussi celui dont le profil s’éloigne le plus de Declan Rice. Tout d’abord, il est le joueur de notre étude qui perd le moins de ballons, puisqu’il n’a égaré le cuir qu’à 135 reprises. Même face au pressing adverse, il est capable de s’en sortir, comme l’attestent ses 58,3 % de dribbles réussis. Mais là où l’ancien milieu des Blackburn Rovers s’avère particulièrement compétent, c’est dans son aisance pour faire avancer le jeu de son équipe (38,6 % de passes progressives). Véritable élément liant de Crystal Palace, il occupe un rôle de distributeur : il sait parfaitement lancer ses attaquants en profondeur, casser des lignes par ses passes, renverser le jeu d’une aile vers une autre, centrer, tirer les coups de pied arrêtés etc. Malgré les risques qu’il prend dans ses transmissions, son timing est l’un des tous meilleurs d’Angleterre, ce qui lui permet de créer 1,7 occasion par match. Doté d’un QI tactique élevé, il récupère en moyenne 5,3 ballons par 90 minutes, réalise 1,1 interception et 1,5 dégagement.

Le discret Alex Scott attire la lumière
Enfin, Alex Scott s’érige comme le prototype du milieu de terrain moderne. À la fois élégant balle au pied et combatif, il affiche une forte capacité à se montrer présent dans les deux surfaces de réparation. Déjà de par son activité lors des phases de construction de Bournemouth. Il fait partie des 15 % des joueurs les plus performants d’Europe (top 5 des championnats) en termes de possessions progressives. Alex Scott sait casser des lignes en percutant, se montrer globalement propre (14,2 ballons perdus par match) et aime se retrouver en position de tir. Il dispose d’une très bonne qualité de frappe de l’extérieur de la surface, qui lui a d’ailleurs permis de trouver le chemin des filets contre Brighton cette saison. Mais il sait aussi s’imposer dans la bataille du milieu de terrain, comme le prouvent ses 50 % de duels aériens remportés et ses 55,1 % de duels au sol gagnés (juste en dessous d’Elliot Anderson).
Les statistiques d’Elliot Anderson, Alex Scott et Adam Wharton après 14 journées de Premier League (2025-2026)
| Elliot Anderson | Alex Scott | Adam Wharton | |
|---|---|---|---|
| Minutes jouées (/1 260) | 1 260 | 906 | 943 |
| Duels gagnés | 55,3 % | 54,3 % | 51,2 % |
| Ballons récupérés | 115 | 46 | 55 |
| Ballons perdus | 248 | 142 | 135 |
| Occasions créées | 24 | 6 | 17 |
| Passes réussies | 86,3 % | 84,7 % | 79 % |
| Centres réussis | 31,9 % | 8,1 % | 35,5 % |
| Passes dans l’intervalle | 4 | 2 | 6 |
| Dégagements | 11 | 25 | 15 |
| Interceptions | 14 | 12 | 11 |
| Tacles | 36 | 22 | 18 |
| Tirs | 8 | 9 | 4 |
| Ballons touchés dans la surface adverse | 32 | 14 | 4 |
| Buts | 1 | 1 | 0 |
| Passes décisives | 1 | 0 | 1 |
Si le tableau ne s’affiche pas en entier sur mobile, il est possible de le faire défiler de gauche à droite.
En quoi se différencie Declan Rice ?
Declan Rice s’est affirmé comme la référence au poste de milieu de terrain en Premier League. Véritable joueur box-to-box, le numéro 41 d’Arsenal se démarque par une justesse technique et une créativité encore supérieure à nos trois joueurs étudiés. Il enregistre 90,1 % de passes réussies cette saison, 24 occasions créées, 11 tirs, mais surtout 2 buts et 3 passes décisives. En d’autres termes, il sait se projeter, donner un élan à son équipe, mais aussi être décisif. Également ultra actif quand son équipe n’a pas le ballon, notamment dans le pressing, il cumule 60 ballons récupérés, 27 dégagements et même 5 frappes adverses contrées. Puissant et infatigable, il a remporté près de 63 % de ses duels aériens jusqu’ici. Bref, un monstre régulier et rudement efficace.
Des joueurs dans le groupe de Thomas Tuchel
Ces trois joueurs ont rejoint leur club entre l’été 2023 et le mercato estival 2024, avant de petit à petit monter en puissance. Autant dire que cet exercice 2025-2026 fait figure de confirmation, voire même d’affirmation pour eux. Dans ce sens, Elliot Anderson a connu en septembre sa première sélection avec l’équipe d’Angleterre. Depuis, il en compte déjà six, dont cinq titularisations … au côté d’un certain Declan Rice. Alex Scott a aussi été appelé pour représenter son pays pour la première fois au mois de novembre, mais sans jouer. Enfin, Adam Wharton a déjà évolué trois fois avec le maillot des Three Lions et était même convoqué pour l’Euro 2024, mais sans apparaître sur le terrain lors de cette compétition.
Des rumeurs de transfert déjà nombreuses
Autant dire que leur montée en puissance a tapé dans l’œil de tout le monde et pas seulement du sélectionneur national, Thomas Tuchel. Elliot Anderson est déjà annoncé dans le viseur de Manchester City, Manchester United voire de Liverpool. Un transfert pourrait même dépasser la barre des 100 millions d’euros. De son côté, Adam Wharton intéresse Manchester United et le Real Madrid. Et là aussi, une future transaction coûtera très cher au club acquéreur. Enfin, Alex Scott fait à ce jour moins les gros titres de la rubrique transfert. Mais nul doute que s’il poursuit sur sa lancée, les rumeurs vont vite commencer à se multiplier. Car une chose est sûre : à l’été 2026, soit après la Coupe du monde, il paraît difficile d’imaginer ces trois hommes prolonger l’aventure dans leur club actuel. Au moins l’un d’entre eux, voire deux (ou les trois ?), partiront pour franchir un palier ailleurs. Reste à voir quel profil exact de milieu de terrain les grosses cylindrées anglaises (voire européennes) veulent compter dans leur effectif. Et quel budget elles sont prêtes à mettre sur la table. Une chose est sûre, l’Angleterre va pouvoir s’appuyer sur une très belle génération de milieux de terrain pour les dix années à venir.