Manchester City a décidé de frapper fort sur le marché des transferts. Les Skyblues viennent d’officialiser le recrutement d’Elliot Anderson, dégoté de Nottingham Forest contre un chèque de 135 millions d’euros. Mais que peut apporter l’international anglais de 23 ans au nouveau manager du club Enzo Maresca ?

Manchester City vient littéralement de casser sa tirelire. Le deuxième du dernier championnat d’Angleterre vient d’offrir 135 millions d’euros (M€) à Nottingham Forest pour s’attacher les services d’Elliot Anderson. À seulement 23 ans, le milieu de terrain devient la recrue la plus onéreuse de l’histoire des Skyblues, devant Jack Grealish (117,5 M€), Josko Gvardiol (90 M€) et Kevin De Bruyne (76 M€). Surtout, c’est le deuxième transfert le plus cher dans l’histoire de la Premier League, juste derrière Alexander Isak, passé de Newcastle United à Liverpool l’été passé contre un chèque de 145 M€. Enfin, cette transaction devient la cinquième plus importante de toute l’histoire du football, puisque seules des stars comme Neymar (222 M€), Kylian Mbappé (180 M€) ou Ousmane Dembélé (148 M€) ont auparavant dépassé le montant investi par les Cityzens. Vous l’avez bien compris, cette opération est tout sauf anodine.
Deux saisons réussies à Nottingham Forest
Il faut dire qu’Elliot Anderson sort d’une aventure longue de deux années particulièrement aboutie du côté de Nottingham Forest. Arrivé presque anonymement de Newcastle United lors de l’été 2024, il s’impose rapidement comme un titulaire chez les Tricky Trees, au point de devenir un cadre indéboulonnable de son équipe lors de cette campagne 2025-2026. C’est simple, il était avec Morgan Gibbs-White le meilleur joueur de son club durant cet exercice. Il a donc participé à toutes les rencontres de Premier League cette saison (dont 37 fois en tant que titulaire), disputant la bagatelle de 3 334 minutes (sur 3 420 possibles). Le temps pour lui d’inscrire quatre buts et de délivrer quatre passes décisives. Notons qu’il a aussi été prépondérant dans le parcours européen de Nottingham Forest, éliminé en demi-finale de Ligue Europa par Aston Villa.
Un joueur influent à la construction
Mais ce qui a poussé Manchester City à le recruter, ce n’est pas simplement son temps de jeu ou ses statistiques offensives. C’est plutôt son profil technique et tactique, ainsi que l’influence positive qu’il peut avoir sur un match. Tout d’abord, Elliot Anderson ne se cache jamais sur le terrain. Il est le joueur qui a touché le plus de ballons cette saison de toute la Premier League, avec 3 300 unités. Mais il ne se contente pas de cela, puisqu’il joue 34,09 % du temps vers l’avant. Le tout, avec une certaine justesse, comme le démontrent ses 85,42 % de passes réussies et ses 53,36 % de passes longues réussies. Véritable organisateur du jeu de Nottingham Forest lors des phases de construction, il sait aussi être influent dans le dernier tiers adverse. Elliot Anderson a créé 54 occasions de but cette saison, ce qui est le 14e meilleur total du championnat. Il sait également apporter une solution à ses partenaires en se projetant dans la surface de réparation (62 ballons touchés) ou prendre des initiatives individuelles, à l’image de ses 50 dribbles réussis.

Une hargne dans la bataille du milieu de terrain
Sauf que ses qualités ne s’arrêtent pas là. En tant que milieu de terrain box-to-box, Elliot Anderson abat un travail énorme lorsque son équipe n’a pas le ballon. En réalité, son volume de jeu est quasiment unique. Généreux, attentif et intelligent tactiquement, il est l’un des meilleurs récupérateurs de Premier League, comme l’attestent les 306 ballons qu’il est parvenu à gratter. Il est particulièrement à l’aise dans le domaine de l’interception, lui qui a su couper 41 tentatives de passes, mais aussi dans celui des tacles (104 réussites). Souvent bien placé, il excelle par exemple dans la conquête des seconds ballons, ô combien importants en Premier League. Surtout, sa combativité est mise en avant par les 297 duels qu’il a remportés au cours de cet exercice. Il est (de loin) le meilleur dans le domaine. Dans le détail, il s’est imposé dans 53,74 % de ses duels au sol et dans 58,56 % de ses duels aériens. Bref, un état d’esprit parfaitement adapté au défi physique et à l’intensité que requiert l’élite anglaise.

Des concurrents en difficultés à Manchester City
En analysant de plus près l’effectif de Manchester City, il faut souligner que son profil manquait. Les Skyblues regorgent d’éléments à l’aise sur les phases de possession, mais ne disposent plus réellement de milieux centraux complets et mobiles, comme pouvait l’être un temps Ilkay Gündogan. Enclin à évoluer en tant que numéro 8, Tijjani Reijnders rayonne plus généralement par sa créativité que par son impact dans les contacts. Si Mateo Kovacic brille par son profil multi-tâches, sa forme physique interroge. Le Croate n’a disputé que neuf petits matchs toutes compétitions confondues lors du dernier exercice et ne rassure pas concernant son niveau de jeu durant cette Coupe du monde. Devant la défense, Nico Gonzalez s’impose comme un véritable joueur de ballon, sans avoir tout à fait convaincu. S’il bénéficie d’une palette étoffée, Rodri éprouve des difficultés pour retrouver son meilleur niveau depuis sa rupture des ligaments croisés en septembre 2024. Pis, une intervention chirurgicale est déjà programmée pour l’Espagnol après la Coupe du monde, ce qui lui fera manquer le début de la prochaine campagne de Premier League. Enfin, il faut ajouter à cela le départ acté de Bernardo Silva au Real Madrid. Autant dire que s’attacher les services d’un milieu dynamique et ultra actif était devenu une priorité pour les Cityzens.

Quel rôle sous les ordres d’Enzo Maresca ?
Elliot Anderson pourra ainsi incarner ce répondant physique et cette intensité à la récupération du ballon qui a par moments manqué à Manchester City la saison passée. Sa capacité à prendre des initiatives, son courage avec le ballon et la justesse de ses déplacements sont aussi des vertus nécessaires pour évoluer au sein de ce club. Des arguments qui devraient séduire le nouveau manager des Skyblues, Enzo Maresca. Le disciple italien de Pep Guardiola a pris l’habitude à Chelsea d’animer son équipe en 3-2-4-1 sur les phases d’attaque, avec un double pivot devant la défense. Ce dernier associait souvent un latéral avec un milieu de formation. Dans ce cadre, une place pourrait être réservée à Elliot Anderson dans cette zone du terrain. Une chose est sûre, à la vue de son pedigree et de son nouveau statut, l’international anglais, actuellement présent avec sa sélection à la Coupe du monde, pourrait vite se voir confier un rôle majeur au sein de l’animation de jeu pensée par Enzo Maresca. Au point de devenir l’un des visages phares de ce Manchester City « new look ».