Est-ce que Brentford peut réaliser l’exploit d’accrocher une place européenne ?

Brentford continue d’impressionner en Premier League. À l’orée du sprint final, le club londonien reste solidement installé à sa 7e place au classement. Une véritable prouesse pour des Bees qui pourraient se qualifier pour la première fois de leur histoire pour une compétition européenne.

Kevin Schade, Michael Kayode et Dango Ouattara célèbrent un but pour Brentford
Brentford réalise une saison mémorable jusqu’ici en Premier League, avec une 7e place au classement.

Voilà sans l’ombre d’un doute l’une des plus belles épopées de cette saison 2025-2026 de Premier League. Condamné par beaucoup de spécialistes à se battre pour son maintien jusqu’à l’ultime journée du championnat, Brentford réalise en réalité la campagne la plus aboutie de son histoire dans l’élite anglaise. En effet, à sept matchs du terme de cet exercice, le club londonien siège à une sublime 7e place au classement, avec 46 points engrangés. C’est simple, jamais les Bees n’avaient emmagasiné un tel nombre de points à ce stade de la saison. Mieux, Chelsea (6e) ne se trouve que deux unités devant et Liverpool (5e) ne figure qu’à trois encablures. Alors que le meilleur classement final de l’histoire du club en Premier League demeure une 9e place (en 2023), Brentford pourrait battre ce record, voire même se qualifier en coupe d’Europe. Pour rappel, les cinq premières places devraient être synonymes de Ligue des champions, la sixième de Ligue Europa, tandis que la septième (et peut-être la huitième) devrait aussi être qualificative pour une compétition européenne.

Brentford s’est fait piller à l’été 2025

Pourtant, rien ne laissait présager un tel destin. L’été dernier, Brentford a perdu une grande partie de sa colonne vertébrale : ses deux stars offensives, Bryan Mbeumo et Yoane Wissa, ont plié bagages ; le capitaine Christian Norgaard a rejoint Arsenal ; tandis que le gardien titulaire Mark Flekken s’en est aussi allé. Pire, le club a perdu son manager adulé, Thomas Frank. En poste quasiment sept ans, c’est lui qui avait offert à Brentford sa première promotion en Premier League en 2021, avant de maintenir cette institution dans l’élite sans discontinuer. De quoi séduire Tottenham Hotspur, qui avait décidé de miser sur lui. Pour le remplacer, l’état-major des Bees a procédé à un choix osé, celui d’introniser Keith Andrews. Spécialiste des coups de pied arrêtés dans le staff de Thomas Frank, l’Irlandais a pris la tête d’un effectif décimé, sans la moindre expérience du poste d’entraîneur principal. De quoi laisser planer un sérieux doute sur le potentiel réel de cette équipe.

Keith Andrews donne ses consignes sur le banc de Brentford
Depuis son arrivée sur le banc de Brentford l’été dernier, Keith Andrews réalise un travail extraordinaire. Au point d’avoir prolongé son contrat jusqu’en 2032.

Une équipe aux résultats réguliers

Mais rapidement, les nuages se sont dissipés dans le ciel du Gtech Community Stadium. À aucun moment cette saison, le bateau Brentford n’a tangué jusqu’ici. Tout d’abord, le club n’a pas intégré la zone de relégation la moindre fois durant cet exercice. Il n’a également jamais perdu plus de deux matchs consécutifs (deux fois), ni passé plus de trois rencontres à la suite sans s’imposer (trois fois). Au contraire, Nathan Collins et ses coéquipiers font preuve d’une grande régularité dans leurs résultats, ce qui leur permet de vite se relever de leurs contre-performances. D’ailleurs, Brentford a réalisé plusieurs prestations mémorables cette saison. En effet, les Bees ont battu Aston Villa à deux reprises (1-0 ; 0-1), ont brillé contre Manchester United (3-1), ont fait tomber le champion en titre Liverpool (3-2) et ont même accroché le leader Arsenal (1-1).

Comment Keith Andrews a-t-il imposé ses idées ?

Ces prestations abouties sont loin d’être le fruit du hasard. Keith Andrews s’est imposé au fil de la saison comme un technicien ambitieux, capable de faire évoluer son animation tactique. En début d’exercice, Brentford était une formation prudente, solidement recroquevillée dans sa moitié de terrain, qui attendait de récupérer le ballon avant d’exploser rapidement en contre-attaques. Cela se confirmait après sept journées par une possession moyenne de 41,3 % (19e), seulement 3 016 passes tentées (19e) et la plus importante part de passes longues tentées (18,93 %). Aujourd’hui, les Bees sont bien plus entreprenants et n’hésitent pas à prendre plus de risques, peu importe l’adversaire. Grâce à un bloc plus haut et un pressing plus agressif, ils savent aussi prendre le jeu à leur compte. Cela se traduit par un total de 4 119 ballons récupérés (5e), une possession moyenne de 47,1 % (13e) et une attaque détonante qui a trouvé la faille à 46 reprises (6e). Brentford dispose ainsi du meilleur ratio de but/tir de toute la Premier League (14,38 %) et est aussi l’équipe qui a le plus marqué sur des longues touches (5 réalisations).

composition type Brentford 2025-2026
Keith Andrews aligne généralement son équipe en 4-2-3-1 cette saison.

Igor Thiago, l’atout numéro un de Brentford

Dans ce système, certains éléments exposent tout particulièrement leurs qualités. Le plus évident reste bien entendu Igor Thiago. Blessé quasiment toute la saison dernière, l’avant-centre brésilien est en pleine confiance depuis le mois d’août. Avec 19 buts inscrits, il est le deuxième meilleur buteur du championnat, juste derrière Erling Haaland. Ses prestations ont même tapé dans l’œil de Carlo Ancelotti, qui vient de l’appeler pour la première fois en sélection. À ses côtés, Dango Ouattara, recrue phare de l’été passé, tend à confirmer les attentes placées en lui avec ses cinq buts et trois passes décisives. Au milieu, Keith Andrews peut s’appuyer sur une pléthore de joueurs performants, qui représentent la base de son animation : Mathias Jensen, Vitaly Janelt, Yehor Yarmoliuk et Jordan Henderson. Enfin, l’activité de Michael Kayode s’avère impressionnante dans le couloir droit, tandis que Caoimhin Kelleher s’affirme comme un gardien de haut niveau.

Une fin de saison à fort enjeu

La question est maintenant de savoir à quelle position cette équipe peut terminer cette campagne de Premier League. Actuellement 7e, Brentford peut toujours viser mieux sur le papier. Mais conserver cette place n’aura déjà rien d’évident non plus, car la concurrence est rude. C’est simple, les six formations derrière Brentford comptent au maximum quatre points de retard sur les Bees. Par exemple, Everton est à égalité avec le club de l’ouest londonien, Fulham est à deux points, tandis qu’un Brighton très en forme n’est qu’à trois unités. D’ailleurs, dès la 32e journée du championnat, Brentford accueillera Everton dans son stade pour une opposition directe (le 11 avril). Les hommes de Keith Andrews auront également quelques déplacements périlleux d’ici à la fin du mois de mai, puisqu’ils iront encore à Manchester United, à Manchester City et à Liverpool. Autant dire que le sprint final s’annonce relevé, mais palpitant pour Brentford. Avec au bout, l’exploit potentiel de s’offrir des soirées européennes de rêve la saison prochaine.

Le classement de la Premier League après la 31e journée :
Position Club Points Différence de buts
5.Liverpool49+ 8
6.Chelsea48+ 15
7. Brentford 46 + 4
8.Everton46+ 2
9.Fulham44– 1
10.Brighton43+ 4
11.Sunderland43– 4
12.Newcastle United42– 1
13.Bournemouth42– 2