La saison de West Ham se veut fort délicate en Premier League, mais le club londonien semble entrevoir la lumière. Relégables depuis le mois d’août, les Hammers (18e) décrochent enfin des victoires en 2026 et ont pu recoller à leurs concurrents dans la lutte pour le maintien. Un rebond en grande partie dû au travail tactique de son manager, Nuno Espirito Santo.

West Ham United respire à nouveau. Englué dans la zone de relégation depuis le début de la saison de Premier League, le club londonien s’est offert le droit de croire en son maintien. À neuf matchs du terme de cet exercice, les Hammers (18e) sont revenus à hauteur de Nottingham Forest, 17e et premier non relégable. Les deux formations comptent chacune 28 points et ne sont départagées qu’à la différence de buts. Mais ce n’est pas tout. Tottenham Hotspur (16e) dispose seulement d’un point d’avance sur le duo, tandis que Leeds United (15e) ne figure que trois unités devant. Bref, West Ham est de retour dans la bataille. Pour rappel, Jarrod Bowen et ses coéquipiers comptaient encore sept points de retard sur Nottingham Forest au terme de la 21e journée. Mais une superbe série de quatre victoires et deux nuls sur les huit dernières sorties a permis aux pensionnaires du London Stadium de recoller à ses concurrents.
Le classement de la Premier League après la 29e journée :
| Position | Club | Points | Différence de buts |
| 15. | Leeds United | 31 | -11 |
| 16. | Tottenham Hotspur | 29 | -7 |
| 17. | Nottingham Forest | 28 | -15 |
| 18. | West Ham United | 28 | -19 |
| 19. | Burnley | 19 | -26 |
| 20. | Wolverhampton | 16 | -30 |
Un mercato hivernal made in Nuno
Ce cycle vertueux est en grande partie dû au travail d’un homme : l’entraîneur de l’équipe, Nuno Espirito Santo. Arrivé sur le banc de West Ham au mois de septembre 2025, le Portugais a mis du temps avant de trouver la solution. Il n’avait décroché que deux succès lors de ses seize premières rencontres sur le banc des Hammers. Mais c’est au pied du mur qu’il a su organiser son équipe pour chercher des résultats. Tout d’abord, il s’est appuyé sur le mercato hivernal pour remodeler son effectif. En janvier, West Ham est le quatrième club qui a le plus dépensé en Angleterre, avec 56,3 millions d’euros investis. Deux attaquants ont rejoint la capitale, en l’occurrence, Taty Castellanos et Pablo Felipe. Mais le tacticien a aussi fait venir une vieille connaissance, en la personne d’Adama Traoré, son ancien joueur à Wolverhampton. Il a également validé la signature sous forme de prêt d’Axel Disasi en provenance de Chelsea. De quoi compenser les départs attendus de Niclas Füllkrug et de James Ward-Prowse, ainsi que celui moins consenti de Lucas Paqueta.

Quels sont les principes tactiques de ce retour ?
Dans un second temps, les idées de jeu du coach de 52 ans ont été totalement imprégnées par ses joueurs. Pour rappel, Nuno Espirito Santo a toujours eu une vision conservatrice du football : un bloc médian voire bas, plutôt athlétique, qui s’appuie sur des attaques rapides et verticales, ainsi qu’une importante utilisation des couloirs. Autant de signaux que l’on retrouve aujourd’hui dans cette équipe de West Ham. Cette saison, les Irons n’accaparent en moyenne que 42,8 % de possession par match, soit l’avant-dernier total du championnat. Ils n’ont réussi que 8 026 passes courtes (18e) et n’ont tiré que 213 fois au but (17e). Cependant, ils cumulent 275 interceptions (3e), 124 contres (3e) et 885 dégagements (6e). Mieux, ils marquent en moyenne tous les dix tirs, ce qui représente le dixième meilleur ratio de toute la Premier League. Bref, l’ADN de Nuno Espirito Santo.
Une défense enfin solide
Plus en détail, la réorganisation défensive de cette équipe représentait une priorité pour le manager. Au moment de son intronisation, West Ham avait déjà concédé 13 buts lors des cinq premières journées ! Nuno Espirito Santo a donc travaillé plusieurs systèmes de jeu, tantôt à quatre défenseurs, tantôt à cinq, avant de trouver la bonne formule, un 4-2-3-1. Les consignes sont claires : dans des lignes resserrées, les trente-cinq derniers mètres doivent être quadrillés à la perfection pour toujours avoir un joueur à distance d’intervention et éradiquer les espaces. Adepte des choix forts, l’ex-coach de Nottingham Forest n’a pas hésité à déclasser Max Kilman afin d’ériger une charnière centrale composée de Jean-Clair Todibo et Konstantinos Mavropanos. Un duo qui alterne aujourd’hui pour évoluer aux côtés de l’indéboulonnable Axel Disasi. Il a aussi redonné un rôle de titulaire à l’infatigable Thomas Soucek dans l’entrejeu. Enfin, il a promu Mads Hermansen dans les cages, en lieu et place d’Alphonse Areola. Le résultat ? Trois clean sheets sur les cinq dernières journées. Avant cette série, West Ham n’en avait réalisé qu’un seul (en août).

Une attaque explosive et verticale
Offensivement, Nuno Espirito Santo mise sur l’explosivité à la récupération, ainsi que des transmissions rapides et dans le sens du jeu pour vite mettre en difficulté la défense adverse. Cela s’exprime régulièrement au travers de contre-attaques, mais aussi lors des possessions dans le camp adverse. Nuno Espirito Santo le sait bien, son équipe n’est pas taillée pour trouver la faille contre un bloc bas. C’est pourquoi ses joueurs de couloirs apparaissent comme un levier très important. Grâce à leur vitesse, ils peuvent extraire le ballon de leur moitié de terrain, attaquer les espaces par leurs appels et combiner avec des appuis pour créer du danger. Dans ce système, le rôle de la recrue Taty Castellanos est d’ailleurs très important. Mobile, il offre sa disponibilité pour tenir le ballon, gagner des duels et remiser pour mettre en bonne position ses coéquipiers. Une activité qui pâtit cependant sur sa présence dans la surface adverse, puisqu’il n’a marqué que deux buts depuis son arrivée.

Des individualités en pleine bourre
Mais d’autres joueurs ont pris le relais à ce niveau-là. En premier lieu, Crysencio Summerville. L’ancien joueur de Leeds United a trouvé cinq fois le chemin des filets lors des huit dernières journées de championnat. C’est simple, il se régale dans ce système pour percuter, combiner et tenter sa chance. Son pendant à droite, Jarrod Bowen, brille également sans discontinuer. Le capitaine du club représente une menace constante, comme l’attestent ses deux buts et quatre passes décisives en sept matchs. Depuis le début de la saison, il en est à huit buts et cinq passes décisives en Premier League. Notons aussi l’importance de Thomas Soucek, qui se projette énormément pour apporter le surnombre dans la surface. Il a marqué deux fois en février (quatre buts au total). Mais l’un des joueurs les plus importants de ce système, c’est assurément Mateus Fernandes. À un poste de meneur de jeu reculé, il rayonne par son abattage. D’abord avec le ballon, puisqu’il cumule 87,8 % de passes réussies, 62,9 % de dribbles réussis, trois buts et trois passes décisives. Mais parallèlement, il a récupéré 139 ballons, réussi 50 tacles (6e de PL), et remporté 56,2 % de ses duels. Bref, son volume de jeu lui permet à la fois d’être l’organisateur des partitions de son équipe, mais aussi un élément prépondérant de cet édifice défensif.
Un maintien loin d’être acquis
Dans ce cadre, West Ham fait figure d’épouvantail dans cette lutte acharnée pour le maintien. Car pendant que les Hammers se réveillent, la concurrence laisse transparaître ses faiblesses. Leeds United n’a pris que cinq points sur les cinq dernières journées de Premier League, Nottingham Forest deux et Tottenham Hotspur aucun. De plus, l’expérience de Nuno Espirito Santo dans l’élite britannique pourrait jouer en sa faveur. Le Portugais n’avait eu aucune difficulté à enchaîner les belles campagnes avec Wolverhampton entre 2018 et 2021. Pareil, il était parvenu à maintenir Nottingham Forest en 2024, et ce malgré quatre points de pénalité, avant de mener le club à la 7e place la saison suivante. Autant dire qu’à l’heure où Nuno Espirito Santo semble réussir à appliquer sa méthode, West Ham paraît prendre la bonne voie pour aller chercher son maintien. Reste à finir le travail durant le sprint final, car rien n’est encore fait.