Une nouvelle fois, Manchester City a fait sauter la banque cet hiver. Les Skyblues viennent de dépenser 72 millions d’euros pour attirer dans leurs rangs l’attaquant de Bournemouth, Antoine Semenyo. Mais quelles sont les qualités du Ghanéen et est-il vraiment « Guardiola compatible » ? Éléments de réponse.

Manchester City vient de réaliser l’un des plus gros coups de ce mercato hivernal en Premier League. Comme pressenti, les Skyblues ont officialisé cette semaine la signature du polyvalent attaquant de Bournemouth, Antoine Semenyo, moyennant la somme de 72 millions d’euros. De quoi offrir au manager de l’équipe, Pep Guardiola, une solution offensive supplémentaire, dans un secteur de jeu bien fourni. Oui, les Cityzens comptent déjà dans leurs rangs des stars comme Erling Haaland, Phil Foden, Rayan Cherki, Jérémy Doku, Savinho ou encore Omar Marmoush (liste non exhaustive). Insuffisant visiblement, puisqu’il leur fallait rajouter Antoine Semenyo. « Antoine était l’un des joueurs que nous voulions le plus. Il a montré qu’il pouvait performer en Premier League. Il est humble, travailleur, professionnel et totalement focalisé sur sa progression. Il est idéal pour nous » a déclaré Hugo Viana, directeur du football au sein du club. Mais alors concrètement, que peut apporter cette nouvelle recrue ?
De belles statistiques offensives
Le premier atout d’Antoine Semenyo, c’est bien évidemment ses buts. Durant cette première partie de saison à Bournemouth, le joueur de 26 ans a trouvé le chemin des filets à dix reprises. C’est simple, il est le troisième meilleur buteur de Premier League, figurant tout de même derrière son nouveau coéquipier Erling Haaland (20 buts). Principalement utilisé comme ailier gauche, le Ghanéen cumule de meilleurs chiffres que tous ses concurrents à City : Jérémy Doku (1 but), Savinho (0 but), Omar Marmoush (0 but) et Oscar Bobb (0 but). Cette inefficacité offensive des joueurs de couloir représente un vrai problème dans une équipe de Manchester City bien trop dépendante des réalisations d’Erling Haaland. D’autant plus qu’il y a quelques années, les Skyblues avaient en partie construit leur succès grâce aux performances d’ailiers décisifs comme Raheem Sterling, Leroy Sané ou Riyad Mahrez. La principale mission d’Antoine Semenyo, auteur de 30 buts en Premier League en trois ans avec les Cherries, sera donc de suppléer statistiquement son goleador norvégien.
Les qualités d’un grand ailier
Pour cela, il peut s’appuyer sur son profil et ses qualités assez uniques au sein de l’effectif de Pep Guardiola. À l’aise pour évoluer à gauche, à droite et en pointe, Antoine Semenyo est à la fois un joueur puissant, technique et efficace. Son côté athlétique – 1 m 85, 79 kg – se traduit par sa capacité à gagner ses un contre un. Par exemple, il s’est imposé dans 46,5 % de ses duels aériens cette saison en championnat. Mieux, il a remporté 121 duels depuis le mois d’août, soit le 12e total de toute la Premier League. Mais Antoine Semenyo, c’est aussi une première touche de balle soyeuse, une pointe de vitesse rare, une grande aptitude pour percuter et un sens du dribble bien supérieur à la moyenne (45,8 % de dribbles réussis). Des atouts qui lui permettent d’éliminer et de créer du danger au sein des défenses adverses. Notons également que ses juteuses statistiques face aux cages ne doivent rien au hasard, puisqu’il a cadré 53,2 % de ses 47 tirs. Un ratio supérieur à quiconque du côté de Manchester City.
Un joueur complet et généreux
Mais Antoine Semenyo n’en reste pas moins un joueur d’équipe et surtout un joueur intelligent. Comme l’attestent ses trois passes décisives, il aime chercher ses partenaires et combiner avec eux. C’est également un élément mobile, aussi bien capable de mordre la ligne de touche pour étirer un bloc adverse, que de réaliser des appels tranchants autour de son avant-centre. La preuve, il est le 12e joueur qui a touché le plus de ballons dans la surface de réparation adverse cette saison (91 unités). Sa générosité et sa combativité s’expriment aussi d’un point de vue défensif. Antoine Semenyo ne rechigne jamais à effectuer le pressing, ni à revenir dans sa moitié de terrain pour faire face aux attaques adverses. Il fait partie des 2 % des milieux offensifs/ailiers parmi les cinq grands championnats européens qui contrent le plus de frappes, des 16 % au plus grand nombre de dégagements et des 22 % qui taclent le plus. Bref, un joueur complet.
Est-il fait pour le football de Pep Guardiola ?
La vraie question maintenant est de savoir si Antoine Semenyo peut s’intégrer dans le système de jeu de Pep Guardiola à Manchester City. À Bournemouth, la philosophie d’Andoni Iraola correspondait parfaitement à ses qualités : un football offensif, rapide et vertical, dans lequel il était l’atout numéro un. Chez les Cityzens, le jeu est maîtrisé, marqué par un redoublement de passes et une énorme justesse technique pour trouver la faille contre des blocs bas. Mis à part Jérémy Doku, titulaire dans le couloir gauche, Pep Guardiola s’appuie dans son 4-2-3-1 (ou 4-1-4-1) presque exclusivement sur des milieux de terrain pour animer les possessions. Bien qu’à l’aise avec le ballon, le joueur formé à Bristol City n’est pas habitué à figurer dans une animation normée de la sorte (jeu de position), ni à procéder dans de si petits périmètres, lui qui aime bénéficier d’espaces pour s’exprimer. De plus, il n’a jamais évolué pour un si gros club, ni même disputé une coupe d’Europe.

Des perspectives d’amélioration pour exploser
Mais à ce stade de sa carrière et vu le niveau qu’il affiche depuis de longs mois, Antoine Semenyo semble plus que prêt pour tenter cette aventure. « J’ai une marge de progression énorme. Mon meilleur football doit encore venir, je suis sûr de cela », a confié le principal intéressé lors de son arrivée. Son nouveau coach acquiesce dans son sens : « Il s’adaptera rapidement ». À lui désormais de dynamiser ce couloir gauche, de nouer des liens avec ses partenaires sur le pré et surtout de se montrer efficace. Sous la houlette de Pep Guardiola, Antoine Semenyo peut se transformer en un joueur complet et passer un nouveau cap. Son profil pourrait évoluer, tandis que son manager pourrait aussi s’appuyer sur lui pour innover tactiquement. Une chose est sûre, cette collaboration a idéalement commencé. Antoine Semenyo a ouvert son compteur but dès son premier match sous ses nouvelles couleurs, lors du large succès 10-1 de son équipe contre Exeter City (3e division), au 3e tour de la FA Cup. De bon augure pour la suite.